Autorisations de construire : les ravages de la réglementation incendie

On a beau savoir que les services de la Protection civile causent bien des soucis aux demandeurs d’autorisations de construire, il y a toujours matière à être impressionné par tous les tracas que peut générer cette administration à l’échelle d’un seul projet, en l’occurrence celui réalisé par Thomas & Piron au sein de la future Cité Casa-Anfa.

Le promoteur belge a eu la malchance de présenter sa demande d’autorisation de construire juste après l’adoption du nouveau règlement général de construction en matière de protection incendie, lequel a marqué le point de départ des soucis des professionnels avec la Protection civile. D’abord, le développeur a été poussé à reprendre à zéro ses études pour se conformer au nouveau cadre, ce qui a induit immanquablement des surcoûts. Surtout, il a dû remplacer une partie de la surface habitable au niveau de son programme par des équipements communs exigés par la Protection civile, notamment des cages d’escalier supplémentaires. Le promoteur a dû renoncer en tout à près de 2 500 m2 de surface habitable, ce qui a induit un manque à gagner de 60 MDH, considérant un prix de vente moyen autour de 24 000 DH/m2 pratiqué sur tout le projet. Cela représente 10% de l’investissement consenti par le promoteur ! Pour couronner le tout, ces imprévus ont induit un retard de près de 12 mois sur le calendrier initial du développeur.