Aperçu sur le bilan de la politique d’habitat

Les efforts de résorption de l’habitat insalubre jouent un rôle important dans la compression du déficit en logements, avec en première ligne la restructuration des quartiers non réglementaires et sous-équipés.

Le gouvernement a engagé depuis 2002 une politique permettant la révision en profondeur des politiques publiques en matière d’habitat. Ce qui a permis de répondre de manière appropriée aux besoins de promotion de l’habitat social, de prévention de l’habitat insalubre et surtout d’anticipation du développement urbain.

C’est ainsi que le déficit a été ramené à 840 000 unités en 2011 puis à 580 000 unités à fin 2014, sachant que le gouvernement compte réduire encore ce déficit pour atteindre 400 000 unités lors de l’année en cours à travers la production de 170 000 unités par an et offrir des conditions favorables d’insertion sociale pour les populations défavorisées. Il faut dire que depuis des années déjà, le taux d’urbanisation au Maroc n’arrête pas d’augmenter, comme on peut le constater dans les résultats du dernier recensement où ce taux a atteint 60,3%. En conséquence, les villes subissent une évolution rapide qui se manifeste par une extension anarchique de leurs périmètres urbains, donnant lieu à des quartiers d’habitat insalubre et des conditions de vie précaires ainsi qu’à une forte demande en logements. Il fallait donc s’attaquer au problème de l’habitat insalubre et l’amélioration du cadre de vie des ménages vulnérables et la diversification de l’offre en logements pour satisfaire les différentes catégories sociales. Puis vient l’éradication des bidonvilles dans 85 villes et communes urbaines au profit de 380000 ménages. L’opération a été basée sur un programme (Villes sans bidonvilles, lancé en 2004) qui se veut participatif dans sa conception puisqu’il associe les populations et les acteurs locaux à la définition des actions à entreprendre et il s’appuie sur l’approche partenariale dans sa mise en œuvre.

Sur un autre volet, les efforts continus des pouvoirs publics, pour le confortement et la réhabilitation des constructions menaçant ruine, dont la garantie d’une offre alternative de logements, se poursuivent sur un rythme régulier. Bref, il fallait améliorer l’offre de logement décent et du cadre de vie des citoyens et en même temps réduire le déficit en unités d’habitat pour assurer une adéquation entre l’offre et la demande.

Le déficit en logements a été ramené à 516 000 unités à fin 2015

Cela en plus d’autres objectifs, comme l’explique Nabil Benabdallah, ministre de l’habitat et de la politique de la ville, confirmant que son département «mène, en concertation continue avec les professionnels du secteur, de grands chantiers portant sur la réglementation, la normalisation et l’encadrement du secteur en vue de promouvoir la sécurité, la qualité et la durabilité dans la construction». Aujourd’hui, à quelques mois de la fin du mandat du gouvernement actuel, où en sont les choses? Rappelons que le ministre de tutelle s’était donné pour objectif de diviser le déficit en logements par 2. Il fallait qu’il passe de 840 000 unités en 2012 à 400000 en 2016. Le gap ayant déjà été ramené à 516 000 unités à fin 2015, grâce à une production de 324 000 unités (incluant les logements et les équipements), le pari sera certainement gagné, a promis le ministre, lors d’une intervention à la Chambre française de commerce et d’industrie au Maroc (CFCIM). Et là il faut signaler que les efforts de résorption de l’habitat insalubre jouent un rôle important dans la compression du déficit, avec en première ligne la restructuration des quartiers non réglementaires et sous-équipés. En plus clair, ce type d’opérations a permis, à lui seul, de traiter les cas de 354 000 ménages sur les 5 dernières années pour une enveloppe globale de plus de 7 milliards de DH. En ce qui concerne le programme Villes sans bidonvilles, plus de 71 200 ménages en ont profité entre 2012 et 2015. Onze villes supplémentaires ont été déclarées sans bidonvilles, ce qui établit le total à 55 pour une cible de 85. Pour la suite, le chemin semble bien tracé, étant donné que plus de 60100 ménages devraient bénéficier à moyen et long terme de nouveaux programmes conventionnés.

Pour ce qui est de l’habitat menaçant ruine, près de 9 000 bâtisses ont été traitées en 2013 et plus de 7 900 ont été couvertes en 2014 et 2015. Près de 5,6 milliards de DH ont été dépensés pour cette opération. 22 000 unités seront encore traitées en 2016. En tout, la tutelle devrait atteindre un total de 39 000 bâtisses rénovées, ce qui correspond plus ou moins au total à traiter (recensé en 2012). Cela va sans dire que  que le parc d’habitats menaçant ruine s’est élargi ces dernières années, du fait notamment des précipitations.

Outre la résorption du déficit en logements, le département de tutelle avait d’importantes ambitions en matière de mise à niveau des équipements urbains. Le bilan de cette initiative est appréciable. En effet, 62 projets ont été lancés et 51 sont en phase d’étude.

La contribution du ministère est respectivement de 7,2 et 5 milliards de DH. Suivra une deuxième génération de 11 projets portant sur les services et équipements de proximité, le renforcement de vocation et d’identité des villes et centres urbains. Finalement, on conviendrait que, malgré la conjoncture difficile, les pouvoirs publics ont maintenu leurs efforts dans la concrétisation des objectifs fondamentaux de la politique d’habitat. M. Benabdallah semble d’ailleurs satisfait du bilan de son département : «Après 4 ans de politique de la ville, le bilan est encourageant à bien des égards. Plus de 62 conventions de financement ont été signées avec une contribution du ministère de  7,182 MMDH».