Hausse probable des prix de l’huile

Lesieur Cristal, leader sur le marché, a déjà augmenté
ses prix de 4% ; les autres devraient suivre.

Lesieur Cristal a augmenté, début janvier, le prix de ses produits. La hausse est de l’ordre de
4 %, soit 0,20 à 0,30 DH le litre. Cette augmentation est due, selon Ahmed Rahhou, PDG de la société, à l’augmentation de 25 à 35 % des cours internationaux des diverses matières premières, notamment, le colza, le tournesol, le soja et la palme. Cette hausse, ou plutôt cet «ajustement» comme préfèrent l’appeler les responsables de Lesieur Cristal, devait entrer en application en septembre dernier, mais, explique M. Rahhou, «nous avons, d’une part, préféré la reporter après le Ramadan, et, d’autre part, voulu observer l’état des récoltes aux USA qui ne sont d’ailleurs pas bonnes cette année».
A l’origine de la mesure, la hausse du coût des matières premières
Nul n’ignore que le marché des matières premières est volatile. Et les industriels réajustent leur politique des prix en fonction des variations de ce marché. Ils sont donc dans l’obligation économique de répercuter les variations sur leur prix. Mais, le Pdg de Lesieur Cristal tient tout de même à préciser qu’«il ne s’agit pas de répercuter toutes les hausses. On ne décide de répercuter que lorsque la variation est durable sur trois mois ou plus». La dernière augmentation décidée par la filiale du groupe ONA s’inscrit dans cette logique. Et il ne s’agit nullement d’une décision collégiale qui a été prise par les opérateurs du secteur. Le marché des huiles étant libéralisé, chaque entreprise est libre de fixer unilatéralement ses prix.
Toutefois, compte tenu de la configuration du marché – la filiale de l’ONA est leader avec un taux de pénétration de 65% -, les autres huileries s’alignent souvent sur les prix de celle-ci avec une légère différence, en hausse ou en baisse. C’est le prix de la libéralisation, dira-t-on. De l’avis de plusieurs opérateurs, cette libéralisation, contrairement aux craintes des pouvoirs publics, à la veille de son entrée en vigueur, a donné une nouvelle dynamique au secteur, aujourd’hui caractérisé par une vive concurrence aussi bien au niveau des prix que de l’offre. Durant les deux dernières années, les raffineurs ont effectué de gros investissements en vue de diversifier la production et d’en augmenter la capacité. Ainsi, avec des investissements de l’ordre de 200 MDH chacun, Lesieur Cristal et les Huileries de Meknès ont lancé plusieurs produits nouveaux (notamment Jawhara, Lesieur Plus et Lesieur Maïs pour Lesieur Cristal ; Narjis et Mansour pour les Huileries de Meknès). La Société industrielle oléicole de Fès (SIOF), les Huileries du Souss et le groupe Aïcha ont suivi la même voie avec des investissements compris entre 25 et 50 MDH.
Tout cela ne peut être que favorable au consommateur qui dispose aujourd’hui d’une large gamme de produits dont les prix se situent dans une fourchette allant de 8 à 12 DH le litre