Hausse probable des prix

Les importations de génisses sont toujours interdites et le prix de la
poudre de lait a augmenté de 25%.

Les producteurs de lait ne peuvent toujours pas importer de génisses. Alors que les discussions portant sur la levée de l’interdiction d’importer qui frappe les bêtes originaires de pays touchés par la maladie de la vache folle sont toujours au point mort, les Etats-Unis, un pays qui ne figurait pas sur la liste noire du ministère de l’Agriculture et du Développement rural vient d’être rattrapé par le fléau. L’impact est certes nul parce que aucune importation n’a été réalisée à partir de ce pays eu égard aux prix élevés qui y sont pratiqués (30 000 DH par tête) et au coût final qu’une telle opération aurait pu entraîner (le besoin est estimé à 25 000 têtes). Mais c’est une issue de secours qui se ferme pour longtemps encore. Le plus inquiétant est qu’aucune réunion officielle n’a encore eu lieu entre les pouvoirs publics et les professionnels. Craignant une aggravation du déficit laitier, ces derniers s’impatientent de voir le ministère de l’Agriculture leur ouvrir la porte de l’Europe.
Selon les informations dont nous disposons, aucune décision ne serait prise avant septembre 2004 et ceci pour deux raisons. Premièrement, l’élaboration du cahier des charges fixant les critères d’importation à partir du Vieux continent n’est toujours pas bouclée. Deuxièmement, les pouvoirs publics conditionnent la levée de l’interdiction à la mise en place d’une infrastructure de contrôle sanitaire. En effet, il est prévu d’équiper, d’ici à septembre prochain, deux ou trois abattoirs du pays en laboratoires de dépistage et de former les personnes appelées à gérer ces unités.
Selon les industriels du secteur, attendre encore neuf mois sera préjudiciable pour le secteur. Les pouvoirs publics devraient réagir avant la prochaine période de basse lactation, en juillet prochain.
Pour éviter une aggravation du déficit laitier, actuellement estimé à 2 millions de litres, les professionnels proposent deux solutions : l’importation à partir de certains pays européens sans cahier des charges précis et la révision à la baisse des droits de douane sur la poudre de lait. Ces droits, fixés actuellement à 60 %, devraient, selon les professionnels, passer à 30%. Ils ajoutent que cette mesure «soulagera les industriels, car ils importent la quasi-totalité des intrants pour la fabrication des produits laitiers (yaourts, fromages…). Sans la baisse des droits de douane, l’usage de poudre de lait n’est économiquement pas utilisable».
Et si aucune des deux mesures n’est prise ? Les industriels pourraient augmenter les prix des dérivés laitiers. «Une hausse pleinement justifiée», plaident-ils. Ces industriels disent être dans l’incapacité de «supporter seuls la hausse des charges».

La hausse interviendrait en juillet si le statu quo devait persister
Ils expliquent que «l’euro a fortement augmenté et que le prix de la poudre de lait s’est apprécié de 25 % entre 2002 et 2003». D’ores et déjà, l’augmentation des dérivés laitiers pourrait être de 10 centimes.Toutefois, et ceci ne peut que rassurer les consommateurs, le secteur laitier n’envisage pas de hausse dans l’immédiat. Mais celle-ci pourrait quand même survenir si, d’ici à juillet prochain, le dossier ne connaît pas d’issue