Hausse en trompe-l’Å“il des ventes de ciment en août

La consommation a progressé de 17,2% en raison des récentes élections communales. Mais les cimentiers tablent toujours, au mieux, sur une stagnation de la demande en 2015.

Reprise en trompe-l’œil du marché du ciment en août. Les ventes ont enregistré une hausse importante de 17,2% par rapport à la même période en 2014, à 1,3 million de tonnes. Vu les ventes fébriles de ces derniers mois, cette croissance a de quoi retenir l’attention. Mais le fait est qu’elle devrait rester un événement exceptionnel sur toute l’année. Cette progression qui était largement anticipée par les opérateurs, s’explique en effet en grande partie par les récentes élections communales. Celles-ci sont habituellement marquées, d’une part, par une tendance des équipes sortantes à accélérer l’exécution des budgets, induisant le lancement de plus en plus de chantiers. D’autre part, les autorisations de construire sont accordées avec une plus grande souplesse lors des élections, ce qui a pour effet de doper l’auto-construction.

Sur toute l’année, l’on devrait rester donc sur un ordre d’évolution beaucoup plus modeste. D’ailleurs, en dépit du très bon comportement des ventes au mois d’août, la consommation de ciment sur les 8 premiers mois de l’année ne se situe qu’à 9,5 millions de tonnes, en hausse de 1,4% seulement par rapport à la même période de l’année passée. Les choses ne devraient pas s’arranger sur le reste de 2015. Les précipitations sur le dernier trimestre de l’année devraient immanquablement ralentir les chantiers et de facto les ventes de ciments. Les cimentiers s’attendent aussi à ce que le rationnement des financements aux promoteurs immobiliers ou encore le gel par les grands opérateurs de leur production de logements en raison de leur situation financière tendue, vécus depuis début 2015, continuent d’affecter les ventes. Cela fait que les industriels maintiennent leurs pronostics du début d’année, en tablant sur une baisse de la consommation de 4% ou au mieux une stagnation, à 14,1 millions de tonnes pour 2015.

En somme, l’horizon est trouble pour les industriels, d’autant plus qu’ils devraient dépendre de plus en plus de la demande émanant de l’auto-construction qui reste difficile à anticiper. En effet, la demande de ciment émanant des particuliers construisant leurs logements, qui représente déjà 50% de la consommation nationale, devrait peser plus encore dans l’actuel contexte de demande hésitante de la promotion immobilière.