Hassan Chami rappelle à  l’ordre le président de la Fédération des PME

Dans une lettre datée du 18 mars, il lui reproche de ne pas faire corps avec la CGEM.
Les divergences sont nombreuses : nouveaux statuts de la CGEM, notamment la remise en cause du principe une entreprise-une voix, gestion par la CGEM des intérêts de la PME/PMI, du paiement des primes d’assurance…

Letorchon brûle entre la CGEM et la Fédération des PME (FPME). Dans une lettre datée du 18 mars, dont La Vie éco a pu avoir copie, le président Hassan Chami n’y est pas allé avec le dos de la cuillère vis-à-vis du président de la fédération, Hammad Kassal. Dans sa missive, envoyée à l’intéressé – avec copie à tous les membres du bureau -, Hassan Chami reproche à M. Kassal ses dernières sorties médiatiques. Le président de la CGEM recommande à son confrère de recentrer sa démarche à la tête de la fédération sur ses missions de base «en lieu et place, écrit-il, de vos innombrables sorties médiatiques qui, vous en conviendrez, ne servent aucunement l’action constructive de la confédération, mais lui portent plutôt préjudice». Aussitôt la lettre arrivée à son destinataire, la réaction ne s’est pas fait attendre.

Le bureau de la fédération se solidarise à l’unanimité avec son président
Vendredi 25 mars, le bureau de la Fédération des PME s’est réuni en urgence. Selon un membre du bureau, ce dernier a apporté son soutien à l’unanimité au président Kassal qui, comme l’explique notre source, «n’a fait qu’exercer ses attributions légales, qui consistent à parler au nom des membres de sa fédération». Un communiqué émanant du bureau de la Fédération des PME a d’ailleurs été rendu public le 29 mars. «Il ne s’agit pas pour nous de répondre à la lettre mais surtout de confirmer notre position sur les nouveaux statuts de la CGEM», explique un membre de cette fédération.

Un seul point d’accord entre eux : il ne faut pas laver son linge sale en public
Et c’est précisément cette divergence de points de vue sur les nouveaux statuts qui a été, d’après les observateurs, la goutte qui a fait déborder le vase. En marge du débat sur le projet, la FPME a affirmé à plusieurs reprises, en effet, et par la voix de son président, qu’elle rejetait catégoriquement la mouture proposée et maintenait sa position pour le principe d’une entreprise, une voix. Mais ce n’est pas tout ! Ces dernières semaines, le président de la FPME, à l’occasion de plusieurs sorties médiatiques, n’a pas mâché ses mots à propos de la gestion de plusieurs dossiers. Tantôt il reprochait à la CGEM de ne pas s’occuper suffisamment des intérêts de la PME-PMI ou d’avoir mal géré le dossier du paiement des primes d’assurance, tantôt il accusait, à juste titre, les décideurs gouvernementaux d’avoir raté la mise à niveau.
Apparemment, ces critiques, somme toute légitimes, n’ont pas été appréciées par tout le monde. Dans sa lettre, Hassan Chami rappelle ainsi au président de la FPME que «les questions relatives aux PME-PMI sont quotidiennement traitées par les fédérations sectorielles de la CGEM» et que les questions horizontales sont soumises aux différentes commissions thématiques. Mais il y a au moins un point sur lequel les deux hommes sont d’accord : c’est que l’incident relève strictement de la gestion interne de la confédération et qu’il n’y a pas lieu de laver son linge sale en public. Contactés tous deux par La Vie éco, Hassan Chami et Hammad Kassal refusent de faire le moindre commentaire. D’ailleurs, ils ont décidé de s’en remettre aux membres du bureau de la CGEM pour «en débattre collectivement et dans la sérénité». Collectivement ? peut-être ; dans la sérénité… c’est moins sûr. Affaire à suivre !

Hassan Chami a refusé de se prononcer sur la question.