Haj 2008 : les agences de voyages perdent encore des clients par rapport à  2007

Avec le nouveau système de répartition entre l’Etat et le privé, la part devant revenir aux agences baisse pour la deuxième année consécutive n 265 agences ont postulé, 72 sont déjà éliminées après étude des dossiers et d’autres le seront en raison du quota de pèlerins minimal par agence.

L’opération Hadj 1429/2008 ne s’annonce pas très florissante pour les agences de voyages. Pour la deuxième année consécutive, les 30 000 pèlerins sont libres d’opter dès l’inscription auprès de la délégation de leur quartier, pour le ministère des habous ou une agence de voyages de leur choix.

Mais ce nouveau système ne fait pas que des heureux chez les voyagistes. En effet, même si le nombre total d’inscrits ne sera connu que le 19 mai, on annonce, de source proche de la Fédération nationale des agences de voyages (Fnavm), que le privé ne pourra faire voyager que 5 500 pèlerins dans le meilleur des cas, contre
7 719 pour la précédente saison, en plus d’un millier de places réservées d’office aux personnes âgées. Ce sont donc 27% du total des pèlerins régulièrement inscrits qui recourront aux services des agences de voyages privées, les 73% autres ayant préféré le ministère des habous.

Bien évidemment, cela avait fait jaser les professionnels, d’autant qu’avec le précédent système de répartition, un tiers des places revenait aux agences, soit 9 500 pour le pèlerinage d’avant réforme, et les deux tiers étaient attribués au ministère. En deux ans, les agences perdront donc pas moins de 4 000 pèlerins, alors qu’elles sont nombreuses à vouloir exploiter ce créneau.

Chaque agence doit convoyer au moins 45 personnes
Pour la prochaine édition, 265 agences de voyage ont postulé pour organiser le pélerinage. Pour plus de transparence, et pour la première fois, les dossiers ont été déposés au ministère du tourisme sous plis scellés, entre le 14 et le 20 avril dernier, accompagnés d’une demande de participation au concours précisant le produit à commercialiser, soit le produit de luxe (premium), soit le standard ou encore le social.

Outre les conditions d’ordre général (avoir une licence définitive, ne pas être en infraction avec l’Office des changes, être en règle avec les compagnies aériennes et les prestataires saoudiens, etc.), les postulants devaient présenter plusieurs documents – 11 pour être précis – dont beaucoup d’originaux et des copies certifiées conformes. Ces mesures devaient permettre de limiter, voire d’éliminer les passe-droits et en même temps de limiter le nombre des agences candidates.

Après l’ouverture des plis, qui a eu lieu il y a quelques jours, la commission ad hoc composée des représentants de toutes les parties concernées a éliminé 72 dossiers sur les 265 présentés, soit 183 agences toujours en course.

Mais, vu le nombre de pèlerins prévu par les agences cette année (5 500), il va falloir en éliminer d’autres pour arriver à attribuer à chaque agence organisatrice les 45 pèlerins exigés par les autorités saoudiennes. Comment faire ? Celles qui sont encore en course devront être notées et classées au niveau des régions, et ce sont les meilleures qui devront se partager le petit gâteau, au prorata du score réalisé dans leur région.

Conclusion : ce nouveau système, dont le but avoué était de permettre aux agences de voyages de conquérir des parts de marché plus importantes, et, à moyen terme, de libéraliser le marché du Haj, semble bloqué. Les raisons sont multiples.

En premier lieu, on invoque l’insuffisance du pouvoir d’achat et l’absence des agences en milieu rural. Il faut ajouter à cela le manque d’agressivité commerciale sur le créneau du Haj et les retards dans la préparation des offres. Cette année, au moment des inscriptions, les agences de voyages n’avaient pas encore annoncé leurs prix .