Grandes évolutions dans la filière des petits fruits rouges

4 900 hectares produisent 165 000 tonnes de fraises, framboises et myrtilles. Un contrat programme 2014-2020 pour la zone Loukkos-Gharb pour augmenter la superficie et la production.

La filière des fruits rouges (fraises, framboises et myrtilles; les cerises étant des produits de l’arboriculture fruitière) a connu un développement important au cours des dernières années. Selon les associations professionnelles du secteur, la superficie plantée était de 4900 hectares et la production de 165 000 tonnes au cours de la campagne 2012-2013. Des chiffres en amélioration grâce à la proximité de l’Europe, le climat favorable, la disponibilité des terres, de l’eau, de la main-d’œuvre qualifiée et des incitations à l’investissement. La délocalisation d’entreprises européennes qui ont contribué à l’adoption des techniques les plus innovantes en matière d’irrigation, de fertigation et de lutte intégrée pour la protection des cultures y est aussi pour beaucoup. Ces éléments ont fait que la filière est devenue au fil des années plus moderne, à haute valeur ajoutée, génératrice d’emplois et offrant des possibilités importantes à l’export.
La zone Gharb-Loukkos concentre près de 90% de la production nationale de fruits rouges, soit 148 500 tonnes sur une superficie de 4 400 hectares. L’activité dans cette région a généré lors de la précédente campagne un chiffre d’affaires d’environ 1,5 milliard de DG et 4 millions de journées de travail dans les exploitations agricoles  et les unités de conditionnement, soit environ 18 000 emplois permanents.

La culture de la fraise n’a vraiment démarré au Loukkos-Gharb qu’après la mise en place des secteurs irrigués en 1978 et 1980. La superficie est passée d’une centaine d’hectares au début des années 1990 à 3 600 ha actuellement (82% au Loukkos et 18% au Gharb), dont 50 ha de fraise bio, et la production atteint 144 000t. Près des deux tiers de cette production sont exportés, 20% en frais de novembre à mars et 45% en surgelé d’avril à juillet. Les 35% restants sont écoulés sur le marché local.

Pour les autres fruits rouges, et toujours dans le Loukkos-Gharb, la framboise a démarré en 2005 avec 30 ha avant d’atteindre une superficie de 400 ha actuellement pour une production de 4 000 tonnes. Alors que la myrtille n’a démarré qu’en 2008 avec 150 ha et connaît actuellement une extension sur 500 ha pour une production de 4 500 tonnes. Le taux d’exportation est de 90% pour la framboise (3 452 tonnes en frais et surgelé) alors que la production de myrtille est totalement exportée.

Le chiffre d’affaires à l’export devrait atteindre 3 milliards de DH

Pour les années à venir, la filière s’est dotée d’un contrat programme ambitieux pour la zone Loukkos-Gharb, couvrant la période 2014-2020. L’objectif est d’atteindre une superficie plantée de 5 000 ha pour la fraise et de 1000 ha pour chacune des framboises et myrtilles. Les exportations prévues à terme sont de 200 000 tonnes pour la fraise et de 10 000 tonnes pour chacune des framboises et myrtilles. Le chiffre d’affaires projeté égalerait 3 fois celui enregistré en 2008, soit 3 milliards de DH à l’export.

Notons que la filière des fruits rouges est encadrée par deux associations, l’Association marocaine des producteurs de fruits rouges (AMPFR) et l’Association marocaine des conditionneurs et exportateurs de la fraise (AMCEF). Elles ont entre autres objectifs la contribution à la mise à niveau des entreprises agricoles, la diffusion des informations sur le marché, l’amélioration du niveau technique et organisationnel des entreprises agricoles, la participation à la formation des agriculteurs et des agro-industriels…