GMT+1 : Ryanair réclame à  l’ONDA une indemnité de 200 000 euros !

La compagnie a envoyé au ministère du transport une lettre dans laquelle elle soutient avoir changé 250 000 billets. Elle réclame 200 000 euros à  l’Office des aéroports en guise de dédommagement.

Si ce n’est pas une tentative d’arnaque, cela y ressemble fort bien. La célèbre compagnie à bas coûts, Ryanair, réclame une indemnisation en contrepartie des perturbations qu’elle a subies suite à la décision tardive, tout le monde en convient, du gouvernement marocain de prolonger l’heure d’été jusqu’au dernier dimanche d’octobre. En effet, une lettre a été adressée dans ce sens au ministre du transport et de l’équipement, Aziz Rabbah.

Ce courrier rappelle les termes de l’accord qui vient d’être finalisé avec le Maroc pour la création par la compagnie de bases aériennes à Marrakech et à Fès, et l’ouverture de nouvelles lignes vers d’autres destinations nationales dont Essaouira, sans omettre de souligner les retombées positives prévues sur les arrivées de touristes dans notre pays.

L’accord passé avec le Maroc est avantageux pour la compagnie

Une fois ce rappel fait, il critique en termes peu diplomatiques la décision du gouvernement d’avoir attendu le 28 septembre 2013 pour annoncer la décision de prolonger l’horaire d’été jusqu’à fin octobre, et somme le Maroc de ne plus répéter ce genre d’erreur.

Cette décision aurait eu, entre autres conséquences désagréables, l’obligation de changer les billets d’environ 250 000 passagers. Il va de soi que ce travail supplémentaire constitue une dépense que la compagnie chiffre à 200 000 euros qu’elle compte défalquer de la facture des redevances aéroportuaires qu’elle doit verser à l’Office national des aéroports (ONDA). Sauf qu’on ne voit pas comment ses services ont pu retraiter autant de billets en un seul jour. Et à supposer même que tous les vols de la compagnie sur le Maroc, soit une centaine chaque semaine, aient décollé des aéroports marocains ce dimanche 28 septembre, et que tous les passagers avaient des correspondances pour se disperser à travers le monde, on n’atteindrait pas ce chiffre. Plus cocasse, on ne sait pas selon quel barème ou règle a été calculé le supposé préjudice. Pourtant, l’accord passé avec les autorités marocaines lui accorde plusieurs avantages, y compris une subvention de 8 euros par passager vers Rabat et Essaouira et 4 euros vers les autres villes touristiques. Faites le compte…

Dans le transport aérien, la réputation de la compagnie irlandaise est connue : toujours moins de coûts et des recettes à maximiser, même si la manière frise parfois le ridicule, comme le fait de faire payer un passager selon sa corpulence. La missive envoyée au ministère du transport ressemble fort à une sonde destinée à savoir jusqu’où elle peut aller avec le Maroc pour obtenir de nouveaux avantages.