Gestion de flotte : confier son parc à  un professionnel peut générer 10 à  15% d’économies

Le parc dont la gestion est externalisée ne dépasse pas 5 000 véhicules. La demande émane essentiellement des grandes entreprises, publiques et privées.

A la différence de la location longue durée, le fleet management (gérer un parc en dehors du financement) prend tout doucement sur le marché. Si la première est adoptée par plusieurs entreprises, notamment des établissements publics, offices, multinationales et PME, seule une poignée de grands groupes et institutionnels use de la seconde. D’après les professionnels, le parc mis sous gestion ne dépasse pas 5000 véhicules. Pour sa part, le parc de la LLD à la route compte 33000 véhicules selon les derniers chiffres. Sachant que sur des marchés plus mûrs, le fleet management pèse environ 30% de l’activité globale (LLD et gestion pure et simple du parc). Pour Frédéric Banco, DG d’ALD Automotive Maroc, si la formule ne séduit pas encore, c’est surtout pour des considérations liées aux coûts en premier lieu. «Dans la location longue durée, le client est sûr de payer un loyer quoi qu’il advienne à la flotte. Par contre, pour le fleet management, les charges varient selon les interventions réalisées par le gestionnaire», explique-t-il. Ces interventions concernent l’exploitation des véhicules, notamment l’entretien courant, les pneumatiques, la réparation en cas de panne et d’accident. Supportées dans un premier temps par le gestionnaire, elles sont refacturées au client. «De ce fait, opter pour le fleet management équivaudra pour l’entreprise à donner son chéquier à blanc au gestionnaire», schématise M. Banco. C’est dire que pour les entreprises qui hésitent encore à faire le choix du fleet management, la frilosité émane en deuxième lieu d’un déficit de confiance à l’égard des gestionnaires de flottes.

L’externalisation devient rentable à partir d’une dizaine de véhicules parcourant chacun entre 15 000 à 20000 km par an

Du côté d’Arval, le spécialiste de la LLD du groupe BNP Paribas, la tendance est légèrement différente. Bien que le management affirme que la LLD reste la principale activité, il souligne que le business du fleet management se développe d’une manière soutenue. Ce sont les grands groupes tenus par des impératifs d’optimisation des coûts qui en sont les plus demandeurs, étant donné les économies que ce mode génère. Selon les professionnels, le gain pour les entreprises vont de 10 à 15% (du montant qu’elles auraient acquitté en s’occupant en propre de leur parc). Cette fourchette est obtenue à partir d’études menées au Maroc et vérifiées sur plusieurs marchés à l’international. Néanmoins, l’économie réalisée peut être plus ou moins importante selon plusieurs paramètres : la taille du parc confié en gestion, le kilométrage parcouru par les véhicules, l’intensité des contraintes techniques subies lors de l’exploitation ainsi que le segment du véhicule (camions, véhicules utilitaires ou voitures de fonction). Par exemple, pour un industriel exerçant dans les carrières via une flotte de poids lourds et de véhicules utilitaires, le gain sera évidemment moins important, en raison du poids des contraintes techniques liées à son activité. Par contre, une PME évoluant dans les services gagnera plus à confier son parc d’une vingtaine de voitures de fonction à un gestionnaire.

Cela dit, pour aider les entreprises à mieux s’y retrouver et déterminer exactement l’opportunité ou non de mettre leurs parcs sous fleet management, de plus en plus de professionnels proposent des audits de gestion de flotte qui permettent de diagnostiquer minutieusement cette fonction support chez les entreprises. «Parfois, un client, avec un parc de trois véhicules, se rend compte à l’issue de l’audit qu’il sera gagnant à faire appel à un professionnel», commente M. Banco. De même, les gestionnaires peuvent refuser d’assurer la gestion d’une flotte dont les coûts dépassent le seuil retenu sur le marché.

En règle générale, les professionnels estiment que s’offrir les services d’un gestionnaire de flotte commence à être rentable à partir d’une dizaine de véhicules parcourant chacun entre 15 000 à 20 000 km par an. «Hormis ce seuil technique, le choix dépendra également de paramètres plus qualitatifs, notamment la taille de l’entreprise, l’envergure du parc, le degré de nécessité pour elle de se concentrer sur son métier et sa politique en matière d’allocation des ressources humaines», précise un spécialiste.