Gaz réfrigérants : le fréon 22 sera éliminé d’ici 2040

Depuis le 18 décembre dernier, les amendements des protocoles internationaux signés par le Maroc sont entrés en vigueur. Le pays doit respecter un calendrier précis qui aboutira à  l’interdiction du gaz R-22. Les industriels continuent de l’utiliser en raison de son prix.

La procédure avait beau être fastidieuse, elle a été réglée avant la date butoir du 1er janvier 2013. Les amendements du Protocole de Montréal relatif aux substances qui appauvrissent la couche d’ozone sont en effet entrés en vigueur le 18 décembre 2012. Signés le 17 juin de la même année, ils avaient préalablement été déposés à l’Organisation des Nations Unies (ONU) le 19 septembre dernier.

Bref rappel historique. En 1985, il est procédé à l’élaboration d’un Protocole de Montréal relatif aux substances qui appauvrissent la couche d’ozone. Celui-ci pose des règles précises et contraignantes pour les États membres. Les premiers apposent leur signature en 1987, le Maroc les rejoint un an plus tard pour ne le ratifier qu’en 1995. Dans sa version première, le protocole ne concernait que les gaz chlorofluorocarbures, plus souvent appelés CFC, et en particulier les fréons 11 et 12, utilisés dans l’industrie du froid, des propulseurs, de la mousse ou encore des nettoyants industriels. Les amendements désormais valables pour le Maroc concernent les gaz hydrochlorofluorocarbures, ou HCFC, qui avaient remplacé les CFC après leur lente disparition. Sont ainsi particulièrement concernés le R-22 (ou fréon 22) et le R-141 B.

La transition sera longue

En vertu des amendements auxquels adhèrent le Maroc, le pays doit respecter un calendrier bien précis. D’ici 2017, la consommation nationale de fréon 22 doit ainsi être réduite de 20%. A l’horizon 2020, l’interdiction de vente de tout matériel qui contiendra du R-22 sera officielle. Enfin, en 2040, l’importation de bouteilles de R-22 sera bannie. Pour l’heure, ce gaz est bien entendu très présent, notamment dans les appareils de climatisation. «90% des splits (appareils muraux) installés au Maroc contiendraient du R-22. En revanche, 99% des machines industrielles qui équipent les bâtiments tels que les hôpitaux et les hôtels fonctionnent avec le R-410», explique Saad Eddine Tazi, directeur du marketing et de la communication de Ventec. D’ores et déjà interdit en Europe, le R-22 se retrouve donc en Afrique. Pire, la tromperie n’est pas rare, confie Ahmed Eloudghiri, DG des Ets Eloudghiri, qui pointe du doigt l’Inde et la Chine. M. Eloudghiri explique également que la cherté du R-410 empêche les constructeurs d’abandonner le R-22. «Une bouteille de R-22 coûte 850 DH contre 2 230 DH pour une bouteille de R-410», indique-t-il.

De son côté, Siera a suspendu sa production pendant 3 mois pour passer de l’agent moussant R-141 B au cyclopentane. Cette société ne fabrique plus que des réfrigérateurs utilisant ce produit depuis 3 semaines.