Formation aux métiers de l’automobile : le privé appelé à  la rescousse

Trois projets de décret relatifs à  la création et l’organisation des instituts de formation de Casablanca, Tanger Free Zone et Atlantic Free Zone dans le circuit d’adoption. Ils seront confiés à  l’Amica et à  la coopérative espagnole Mondragon associée à  la Chambre de commerce espagnole.

Le ministre de l’emploi et de la formation professionnelle vient d’introduire dans le circuit d’adoption trois projets de décret relatifs à la création et l’organisation des instituts de formation de Casablanca, Tanger Free Zone et Atlantic Free Zone. Selon nos informations, ces textes devraient être adoptés en conseil de gouvernement dans les prochaines semaines afin qu’ils puissent être applicables dès la rentrée de septembre prochain. Notons à ce niveau que dans le cadre de son accompagnement des différentes stratégies sectorielles, le ministère de l’emploi et de la formation professionnelle s’était engagé sur le renforcement du dispositif de formation par la création d’un nombre d’instituts spécialisés, dont la gestion est confiée aux professionnels. Selon le ministère de tutelle, les instituts de Casablanca et de Tanger seront confiés en gestion à l’Association des industriels et constructeurs automobile (Amica), tandis que l’institut d’Atlantic Free zone sera confié à la coopérative espagnole Mondragon et à la chambre de commerce espagnole, et ce, conformément aux accords signés avec ces partenaires en 2011.

L’institut des métiers de l’aéronautique comme modèle

Le modèle retenu s’inspire fortement de celui de l’industrie aéronautique. En effet, l’Institut des métiers de l’aéronautique (IMA) est rapidement devenu un acteur clé de l’industrie aéronautique nationale, et ce, en combinant les moyens mis à disposition par l’Etat et les connaissance, pratiques des opérateurs, en vue d’assurer une meilleure formation.

Ce modèle est d’ailleurs de plus en plus recommandé par les experts en formation. «Le temps où la formation professionnelle était assurée par l’Etat est révolu. Désormais, confier cette mission à des professionnels est devenu indispensable», explique un consultant spécialisé dans les questions liées à l’employabilité. L’entrée en service de ces trois instituts viendra s’ajouter à celui de Renault à Tanger. Ce dernier assurait jusque-là la formation des nouvelles recrues et des collaborateurs de l’usine de Tanger avec une équipe de 52 personnes, dont 32 formateurs permanents, renforcée par 150 formateurs relais. Depuis son ouverture en avril 2011, il a déjà formé plus de 4 000 collaborateurs en plus de 700 000 heures. A partir de la prochaine rentrée, le site, pour lequel un investissement de 8 millions d’euros avait été mobilisé, devrait dispenser des formations à d’autres acteurs du secteur automobile. L’objectif des pouvoirs publics est d’atteindre la barre de 70 000 personnes formées à l’horizon 2015.