Fonds Massinissa : encore 200 MDH non utilisés à  quelques semaines de la clôture des investissements

Le fonds détient la majorité dans les trois entreprises dans lesquelles il a investi 350 MDH. Le closing devait se faire à  1.1 milliard de DH.

A quelques semaines de la clôture de sa période d’investissement, prévue pour fin décembre 2013, le fonds Massinissa met les bouchées doubles pour utiliser ses dernières cartouches jusqu’à présent inusitées. En effet, avec un capital de 550 MDH et des sommes investies ne dépassant guère les 350 MDH, ce véhicule d’investissement créé en 2008 risque de ne pas atteindre son objectif minimal de consommer la totalité des fonds souscrits par ses actionnaires, et ce, malgré la nouvelle dynamique imprimée à Almamed, son gestionnaire légal, en 2011, et quand bien même une dérogation d’un an supplémentaire a déjà été obtenue auprès des actionnaires.

Les enjeux sont loin d’être anodins pour Almamed et sa maison mère française Alma Capital, une banque d’affaires et de conseil basée à Paris, dont le fonds Massinissa était la première expérience en private-equity et qui envisageait de faire un closing à 1,1 milliard de DH ! Car pour les souscripteurs investisseurs qui ont fait confiance au projet marocain Massinissa, il n’y a pas pire que prendre un engagement ferme hors bilan (ce à quoi correspond une souscription à un capital cible), de surcroît consommateur en fonds propres, sans le transformer finalement en investissements effectifs. Il y a donc clairement un capital confiance et crédibilité en jeu pour le gestionnaire.

La Mamda MCMA est le seul actionnaire marocain

L’enjeu est également non négligeable pour le tissu de la PME marocaine qui risque de ne pas bénéficier du reliquat des 200 MDH non encore utilisés cinq ans après la création du fonds dont les faits d’armes se limitent à ce jour à trois opérations d’investissement en capital à titre majoritaire. Il s’agit d’Almabat (ex-unité de Nexans Maroc spécialisée dans la fabrication de batteries), Almaplast et Almapack opérant respectivement dans la production de films plastiques pour les secteurs agricoles et industriels et la production d’emballage flexible. Ces trois entités ont été toutes acquises en 2010. C’est dire que le gestionnaire Almamed est resté trois ans sans rien mettre sous la dent !

Massinissa compte un tour de table essentiellement français et européen avec des actionnaires comme la Banque européenne d’investissement (BEI), la Banque européenne de reconstruction et de développement (BERD) ou encore les assureurs français Macsf, Macif et Monceau Assurances. Côté marocain, seule la Mamda MCMA avait répondu présent.