Rentabilité et productivité en repli pour Acred

La filiale d’Axa Maroc gagne des parts de marché mais là¢che du lest au niveau des indicateurs de rentabilité. La marge opérationnelle tombe sous les 30% depuis plus de cinq ans.

L’année 2010 aura été le deuxième exercice consécutif marqué au fer du recul pour Acred. Dans une conjoncture difficile où les plus résilients se maintiennent à peine à flot, la filiale d’Axa Assurances Maroc accuse une dégradation de l’ensemble de ses indicateurs de rentabilité et de productivité. A commencer par le produit net bancaire qui lâche 1%, à 103 MDH, malgré la hausse des encours, pâtissant au passage de la hausse de 14% des charges d’exploitation bancaire. Ce qui, dans un contexte d’évolution des charges générales d’exploitation, quoique limitée (+3%), a suscité une hausse du coefficient d’exploitation de 2 points, à 50,2%, soit un des plus mauvais parmi les sociétés de financement cotées.
Sur ce creuset, le résultat brut d’exploitation se replie de 5,2%, à 49,5 MDH, et la marge opérationnelle passe sous la barre des 30% (29,3%) pour la première fois depuis plus de cinq ans. Et le tableau se noircit davantage au niveau du coût du risque, avec des dotations aux provisions nettes de reprises pour créances en souffrance qui bondissent de 40%. Ce qui, in fine, fait dévisser le résultat net de 21%, à 21,4 MDH, et la rentabilité des fonds propres à 13,2% (-3,1 points).
Acred peut toujours se targuer d’avoir fait mieux que le secteur en termes de production de crédits (+0,2%, à 835 MDH contre -5% pour le secteur), ce qui lui fait gagner quelques points de parts de marché. Mais avec une reprise en 2011 qui semble se profiler du segment Crédit Automobile, où la société compte une présence plus timide que ses concurrents, cet «exploit» serait difficile à rééditer cette année.
En tout état de cause, le Conseil d’administration semble jouer la carte de la prudence en proposant à la future assemblée générale des actionnaires de distribuer un dividende de 23 DH par action, ce qui ramènerait le pay out de 104% en 2009 à 64% en 2010.