PLF 2020 : l’Etat serre la vis

L’Etat peut économiser 1,3 milliard de DH en 2020 en rationalisant les dépenses accessoires.

Se serrer la ceinture! Voilà à quoi est appelée explicitement l’Administration en 2020. Pour faire face au coût du dialogue social, aux dépenses de la compensation et aux transferts prévus pour la mise en œuvre de la régionalisation avancée, c’est un quasi plan d’austérité que vient d’annoncer Mohamed Benchâaboun, ministre de l’économie et des finances.

Lors de son exposé sur l’exécution de la Loi de finances de 2019 et les grandes orientations du PLF 2020 devant les commissions des finances des deux Chambres du Parlement, l’argentier a dévoilé une série de mesures qui placent le prochain PLF sous le signe de la rationalisation.
En effet, l’Administration est invitée, en premier ressort, à maîtriser ses dépenses et réduire son train de vie. M.Benchaâboun appelle les organismes du public à se concentrer sur leurs missions de base en rationalisant la consommation d’eau et d’électricité, les dépenses de communication, de réceptions d’hôtels et d’organisation de manifestations, colloques et conférences, l’ameublement des sièges ou encore la location ou l’acquisition de véhicules de fonction. «L’Etat peut économiser 1,3 milliard de DH en 2020 en rationalisant cette famille de dépenses accessoires», évalue le ministre.
En deuxième lieu, la rationalisation doit s’étendre également aux postes budgétaires dont la création ne devra plus se faire tous azimuts.

La priorité aux projets les plus productifs

La fonction publique aura, ainsi, à combler ses besoins avec les effectifs actuels, en recourant aux possibilités de redéploiement de ses ressources humaines et de promotion en interne pour combler le déficit, aussi bien sur le plan sectoriel que géographique.

Troisièmement, en plus d’une urgente réforme des régimes de retraite ( aussi bien public que privé avec un accent particulier sur la caisse de retraite des fonctionnaires), le ministre de l’économie et des finances insiste sur l’urgence de mener à bien la réforme progressive du système de la compensation à travers le ciblage. «La mise en œuvre de cette mesure ira de pair avec le déploiement du système de ciblage des aides publiques directes et la mise en place du Registre social unifié», préconise l’argentier du Royaume qui appelle à l’accélération de ces chantiers préalables. Enfin, la révision de la gestion des investissements publics est une nécessité, aux yeux du ministre des finances. Elle passerait par des projets économiquement et socialement plus rentables, le recours à des financements innovants et la nécessité, pour les établissements publics, de se débarrasser de certaines de leurs filiales pour se concentrer sur leurs métiers de base. Tout cela avec un mot d’ordre: donner la priorité aux projets les plus productifs.