Agma pà¢tit de la concurrence des banques

La bancassurance et les courtiers captifs créés par les banques ont taillé des croupières en 2009 à  la filiale d’Ona dont le chiffre d’affaires est à  son pire niveau depuis dix ans.

Après un cycle de stagnation qui a duré trois ans, Agma Lahlou Tazi (ALT) accuse une baisse de régime avec un volume de primes émises en contraction de 12,5%, à 1 072 MDH. Comme attendu, c’est le secteur bancaire qui a le plus taillé les croupières au leader marocain du courtage. Ce concurrent redoutable a sévi essentiellement à deux niveaux. D’une part, la montée en puissance de la bancassurance fait perdre des parts de marché aux courtiers traditionnels, ce que n’a pas manqué de rappeler le conseil d’administration  d’ALT. D’autre part, les courtiers captifs créés par les principales banques de la place pour contourner le code des Assurances qui a interdit aux banques de percevoir des commissions de «bancassurance Non Vie» ont fini par ratisser large en raflant tous les contrats d’assurance souscrits par leurs maisons mères respectives et leurs filiales (multirisques, DIM, retraite, assurance flottes…). Au passage, plusieurs courtiers de la place en ont fait les frais car, synergies obligent, on travaille d’abord avec les membres du même groupe.
Sur ce creuset, le chiffre d’affaires de la filiale d’Ona a cédé 7,25%, en s’établissant à 101,6 MDH, soit son pire niveau en dix ans. Combiné à une baisse de 2 MDH des commissions sur contrat placé en réassurance, le recul d’activité s’est matérialisé également par le retrait de 13% du résultat d’exploitation qui se situe à 52,2 MDH.   
In fine, le résultat net se déprécie de 5,7 MDH, à 39,3 MDH, ce qui assure tout de même une marge nette confortable de 38,7% (en repli de 2,4 points). Mais pour combien de temps encore ? Car pour relancer la croissance, le management d’ALT compte mettre en place une stratégie de conquête agressive de nouveaux clients, ce qui augure d’une guerre de prix avec les grands courtiers de la place et, par conséquent, une détérioration quasi imparable des marges.