2009, année de consolidation pour Salafin

La filiale de BMCE Bank préserve difficilement sa capacité bénéficiaire dans un contexte d’envolée du risque et de tassement de la croissance.

Après plusieurs années de marche en roue libre, Salafin marque le pas au niveau du résultat net qui recule de 0,6%, à 101 MDH, soit -15% par rapport aux prévisions de l’IPO de fin 2007. Ce qui fait lâcher près de trois points à la rentabilité des fonds propres (ROE) qui demeure, quand même, au niveau plus qu’honorable de 18,1%.
Cela s’explique principalement par l’aggravation du  coût du risque qui a ruiné immanquablement les  efforts menés au niveau de la préservation des marges financières et l’amélioration de la productivité. En effet, avec des dotations aux provisions pour créances en souffrance qui ont bondi de 127%, à 50 MDH, la croissance louable du RBE (+11,2%, à 181 MDH) s’est rapidement transmuée en quasi-stagnation au niveau des bénéfices.
En amont, il faut rappeler que l’encours financier n’a progressé que de 4 %, à 2,7 milliard de DH à fin 2009, soit à un niveau inférieur au marché mais la perte corrélative de parts de marché serait, selon le management, la conséquence volontaire d’une meilleure sélectivité pour la préservation des marges. Sur ce creuset, le PNB progresse quasiment à l’identique (+3,3%) pour s’établir à 260,7 MDH. Par ailleurs, Salafin continue d’afficher un excellent coefficient d’exploitation qui, en s’établissant à 26% (en quasi-stabilité), accorde la palme de la meilleure productivité (aussi bien parmi les concurrents cotés que l’ensemble du secteur) à la filiale de BMCE Bank.
Au demeurant, outre la montée en flèche du risque de crédit, Salafin semble avoir également pâti de la décélération de la croissance interne de sa maison mère avec laquelle elle a mis en place de larges synergies de distribution. Ce qui jette une incertitude sur l’origine du retour d’une croissance vigoureuse. Viendra-t-elle du réseau propre ou d’une meilleure efficacité de l’attelage avec BMCE Bank ?