Fiat Auto Maroc injecte 28 MDH dans sa filiale Italcar

Cette recapitalisation fait partie d’une opération accordéon destinée à  effacer les pertes antérieures.

Le constructeur italien Fiat est décidé à reconquérir ses positions au Maroc. En effet, malgré la non-reconduction en 2004 de la convention du projet de voiture économique le liant à l’Etat marocain, Fiat Auto Maroc, sa filiale locale, multiplie les actions volontaristes pour préserver ses parts de marché. Elle a notamment entrepris d’importants efforts de communication pour rehausser l’image de ses marques (Fiat, Alfa Romeo) liées, dans l’esprit du consommateur marocain, à la voiture économique.

La dernière opération en date est la recapitalisation d’Italcar, filiale et principal concessionnaire du groupe turinois au Maroc. Le capital de celui-ci a été ramené, lors d’une opération accordéon, de 4 MDH à 0 DH avant d’être hissé à 28 MDH. Cette opération permet au concessionnaire qui commercialise aussi Alfa Roméo d’apurer ses pertes antérieures et de disposer de moyens financiers pour accompagner son développement au Maroc, notamment l’extension de son réseau de distribution.

Italcar veut franchir la barre des 250 MDH de chiffre d’affaires à court terme
Rappelons qu’outre les effets de l’arrêt du montage local (Uno, Palio et Siena) consécutif à la substitution de Renault à Fiat dans la convention avec l’Etat, Italcar a aussi souffert en 2005 des déboires judiciaires de sa maison-mère avec son ex-concessionnaire indépendant Souss Engineering. Ce dernier avait attaqué pour concurrence déloyale, en 2004, le constructeur italien au Maroc, à qui il reprochait d’avoir rompu son engagement de ne pas le concurrencer, soit en commercialisant lui-même ses véhicules, soit en créant une entité dédiée à la distribution. Accédant à la requête du plaignant en première instance, le tribunal de commerce de Casablanca avait ordonné une saisie conservatoire sur les fonds de commerce de Fiat Auto Maroc et d’Italcar pour garantir un montant de 130 MDH de dédommagement. Une saisie qui avait paralysé l’activité d’Italcar début 2005 et engendré une baisse drastique des ventes, des charges financières importantes et un mécontentement de la clientèle.

En misant sur un meilleur service à la clientèle, un relifting récurrent de la gamme Fiat qu’elle importe d’Italie et du Brésil (pour les Uno, Palio et Siena) et la relance de la marque Alfa Romeo qui a enregistré une commande de 50 unités lors du dernier Salon automobile, Italcar vise à dépasser à court terme la barre de 250 MDH de CA, contre moins de 200 MDH actuellement, et retrouver le chemin de la rentabilité.