Fêtes de fin d’année : le foie gras et le chocolat cartonnent

70% du chiffre d’affaires des chocolatiers et 20 % de celui des producteurs de foie gras sont réalisés pendant les fêtes de fin d’année
A 600 DH le kilo, le foie gras est encore considéré comme un produit de luxe
Pour toucher un plus large public, l’offre est de plus en plus diversifiée.

A l’instar des parfums et des spiritueux, le foie gras et le chocolat figurent parmi les produits les plus prisés durant ces fêtes de fin d’année. La preuve, la Maison du foie gras, un des deux producteurs locaux, installé à Dar Bouazza, à quelques encablures de Casablanca, réalise durant cette période de l’année 20% de son chiffre d’affaires annuel qui s’élève à 10 MDH. Et pour faire face à la forte demande de fin d’année, l’entreprise planifie sa production de manière à constituer suffisamment de stocks. La hausse de la demande commence à se faire sentir dès novembre et s’étale jusqu’à fin janvier. Créée en 1989 par trois associés, et moyennant un investissement de 1,5 MDH financé par le Crédit jeune promoteur, la Maison du foie gras, qui revendique 60 à 65% du marché, a contribué au développement de ce produit qui n’est toujours pas, il faut le reconnaître, bien introduit dans les habitudes culinaires des Marocains.
«Petite niche de luxe, le foie gras est surtout destiné aux HCR (hôtels, cafés et restaurants). C’est un produit festif, certes, mais l’on essaie de banaliser sa consommation et surtout de l’étaler sur toute l’année», explique Khalil Benhamida, gérant de la société. C’est pourquoi l’entreprise a, durant ses dix-sept ans d’existence, développé une large gamme de produits afin de répondre aussi bien à la demande des particuliers que des professionnels. Pour ces derniers, elle va même jusqu’à mettre au point des recettes spécifiques et sur commande.
Environ 2 000 canards sont traités mensuellement pour fabriquer des produits crus ou prêts à consommer : foie gras cru, bloc de foie gras, terrine de foie gras, torchon de foie gras, magret (consommé à 85% par les HCR et les grandes surfaces) et cuisses de canard confit. Il faut noter que le développement des grandes surfaces au Maroc a contribué au développement de la demande du foie gras.
Produit de luxe par excellence, le foie gras n’est assurément pas à la portée de toutes les bourses. Son prix se situe autour de 500 et 600 DH le kilogramme. Cela dit, pour une plus grande pénétration du marché, les produits (mousse de foie gras) sont disponibles dans les grandes surfaces à un prix abordable variant entre 30 à 35 DH le bocal de 180 gr. L’entreprise propose aussi une gamme de charcuterie dont le prix démarre à 90 DH le kilo.

Logo de l’entreprise sur le produit, une offre de plus en plus personnalisée pour le chocolat

Autre produit prisé pendant les fêtes : le chocolat. Les premières commandes commencent à tomber à partir du 10 décembre et se poursuivent jusqu’à fin janvier. Un chocolatier dira même que, parfois, elles continuent jusqu’après la SaintValentin. Mais la bataille commerciale commence dès la veille de Noël.
L’enjeu est de taille : 60 à 70 % du chiffre d’affaires annuel du secteur est réalisé au cours de cette période. Ce qui nécessite une planification spécifique du travail : confection de recettes spécifiques, augmentation de la production et offensive commerciale.
Bref, les chocolatiers mettent les bouchées doubles pour faire face à la forte demande de fin d’année. La production augmente parfois même, selon un industriel, de 150 %.
Sur le plan commercial, l’offre est destinée aussi bien aux particuliers qu’aux entreprises. Et la démarche commerciale varie en fonction de la clientèle. Si les particuliers effectuent généralement leurs achats directement dans les show-rooms des chocolatiers où sont exposées toutes les gammes de chocolat ainsi qu’une large variété d’emballages, les entreprises, en revanche, reçoivent des mailings, découvrent les offres grâce aux insertions publicitaires et autres moyens de communication. Pour les entreprises, l’offre est même parfois personnalisée puisque les chocolatiers peuvent aller jusqu’à décliner le logo ou les initiales de l’entreprise sur le produit.
Quant aux prix, et contrairement au foie gras, ceux du chocolat restent à des niveaux abordables ou du moins accessibles à toutes les bourses. Ils se situent dans une large fourchette entre 20 et 2 000 DH le kilo. Pour l’emballage, souvent compris dans le prix, là aussi, tout dépend du budget, mais les chocolatiers proposent une large gamme de matériaux allant de la boîte en argent au ballotin en carton en passant par la porcelaine, le verre et bois.
Les amateurs de chocolat artisanal, en revanche, devront payer un peu plus cher pour l’achat de leurs produits préférés. Chez Tentation, par exemple, qui en commercialise une large gamme, la facture peut aller jusqu’à 15 000 DH, emballage compris. Bonnes fêtes à tous !