Exportations : décote de 66% à  83% sur la prime d’assurance pour l’Afrique et les pays arabes

Le but est d’encourager les entreprises marocaines à  saisir le potentiel à  l’export offert par ces marchés, notamment l’Afrique, en leur permettant d’y être plus compétitives. En 2012, les exportations vers l’Afrique ont atteint 12.5 milliards de DH, soit 7% du total contre à  peine 1.8% en 2000.

La mesure devrait être très bien accueillie par les exportateurs ! En effet, comme nous l’annoncions dans ces colonnes, la Société marocaine d’assurance à l’exportation (Smaex) vient de revoir à la baisse ses taux de primes d’assurance-crédit pour la couverture du risque-pays en Afrique et dans quelques pays arabes. Ainsi, selon la nouvelle grille de tarification proposée pour la couverture des risques politiques, catastrophiques et de non-transfert dans ces pays, le taux de prime sur acheteur privé sera réduit de 66% tandis que la baisse atteindra 83% quand l’acheteur est public.

Du côté du ministère des finances, l’on rappelle que cette mesure devrait permettre au système d’assurance publique de contribuer efficacement au développement des exportations vers les pays arabes et d’Afrique, notamment subsaharienne et de cibler des «marchés de niche» peu ou pas encore couverts par le Royaume.

«L’objectif de cette baisse significative des taux de primes est d’encourager les entreprises marocaines à saisir les opportunités d’affaires offertes par ces marchés et leur permettre d’y être plus compétitives, sachant que la nécessité de la diversification des débouchés du Maroc à l’export se fait plus que jamais sentir», précise Ahmed Hajoub, PDG de la Smaex.

Le Sénégal, le Nigéria la Mauritanie et le Ghana ont été les principaux clients durant les 4 dernières années

Il faut dire qu’étant chargée d’une mission d’intérêt général, la Smaex met en œuvre, dans ce contexte international difficile, une nouvelle stratégie visant à prendre davantage de risques pour mieux accompagner les exportateurs marocains dans leur conquête de ces marchés, caractérisés par des risques élevés, en l’occurrence celui de l’Afrique subsaharienne traversée en continu par des tensions politiques et celui des pays arabes dont une bonne partie se remet à peine des stigmates du printemps arabe. «Nous avons assoupli considérablement nos critères d’octroi de garantie en prenant davantage d’engagements sur l’Afrique, continent d’opportunités, comme l’indiquent les perspectives de l’économie mondiale. En effet, la croissance mondiale devrait être tirée par les pays de l’Afrique subsaharienne ainsi que ceux de l’Asie ; leur production devrait croître en 2013 respectivement de 5% et 7%. Mais en contrepartie, ce continent est réputé être la zone où le risque est le plus élevé. Cela dit, les capitaux que nous avons assurés sur cette destination  dans le cadre de la couverture des risques commerciaux sont en nette progression de plus de 28% sur l’année. En plus, plusieurs pays qui sont exclus de la garantie des assureurs-crédit sont actuellement couverts par la Smaex», explique Ahmed Hajoub.

En 2012, ce continent a  représenté 6,5% du total des échanges commerciaux du Maroc. Encore faible, ce volume atteint 12,4 milliards de DH en 2012, soit 7% du total exporté, mais au regard du 1,8% atteint en 2000, on s’aperçoit qu’un progrès assez appréciable a été réalisé. Sur le marché de l’Afrique subsaharienne, les exportations marocaines sont en nette progression, avec une accélération au cours des quatre dernières années. Par pays, le Maroc a exporté surtout vers le Sénégal, le Nigéria, la Mauritanie et le Ghana. Ces quatre marchés ont absorbé 43% du total des exportations marocaines vers la région en 2012.