Export : la bonneterie cartonne,la confection se tasse

L’Espagne est devenue le premier débouché du Maroc, devant la France
Pour 2007, les exportations pourraient dépasser les 30 milliards de DH
Rabat intéresse de plus en plus les grands groupes industriels étrangers.

Les quatre premiers mois de l’année ont été satisfaisants pour le textile de manière générale, mais c’est la bonneterie qui a affiché les performances les plus honorables. A la lecture des dernières statistiques fournies par l’Association marocaine du textile et habillement (Amith), les exportations de cette branche ont progressé de 12% par rapport à la même période de l’année précédente, avec des ventes de 2,5 milliards de DH.

Selon un industriel exportateur, ces performances sont dues «au retour de plusieurs donneurs d’ordre vers le Maroc après qu’ils soient partis, durant les deux dernières années, vers des pays d’Asie, notamment la Chine, et à l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis qui a permis à plusieurs entreprises de décrocher des commandes, assez importantes d’ailleurs, auprès de clients américains».

Cette progression des ventes d’articles de la bonneterie, jugée importante par les professionnels, n’a cependant pas touché les vêtements confectionnés. Des chiffres communiqués à la fois par l’Amith et l’Office des changes, il ressort que la confection n’a connu qu’une hausse de 2% (voir courbe ci-dessous), passant de 6,44 milliards de DH à 6,57 milliards. Les professionnels imputent cette faible progression «essentiellement aux aléas climatiques».

Il est expliqué que «cette année, dans pratiquement tous les pays européens, il n’y a pas eu une véritable saisonnalité, ce qui fait que les donneurs d’ordre n’ont pas passé de commandes de réassort importantes, préférant écouler les articles mis en boutique en début de saison». Les commandes de réassort constituent, poursuivent les industriels, d’importantes opportunités pour les industriels et une grande partie de leur chiffre d’affaires.

La répartition des exportations pour les quatre premiers mois de l’année confirme l’importance que revêt désormais le marché espagnol qui a absorbé 35% des exportations globales du secteur textile/habillement. Ce marché dépasse aujourd’hui la France dont la part s’élève à 32%, soit un fléchissement de 4 points en comparaison avec la même période de 2006. Vient ensuite la Grande-Bretagne avec 15%, suivie par l’Italie et l’Allemagne, avec 5% chacune.

119 entreprises installéesà Rabat et dans sa région
La répartition par produits n’est pas encore disponible à l’Amith, mais les responsables de l’association soulignent en substance que l’année a démarré sous de bons auspices et que l’on pourra peut-être dépasser à l’export les 30 milliards de DH réalisés en 2006. «Les diverses actions promotionnelles et de prospection que nous avons menées ont été concluantes dans la mesure où nombre d’entreprises ont décroché des contrats importants, notamment auprès de clients espagnols.

Sans compter les nombreux investissements dans de nouvelles unités qui consolideront la production du secteur et, bien sûr ,amélioreront les exportations du secteur», rapportent-ils. Dans ce sens, une étude réalisée par l’Amith révèle que la région de Rabat a été très active durant l’année en cours et constitue aujourd’hui «un leader national en matière d’investissement dans le secteur».

Si, au début de la décennie 80, cette région comptait de nombreuses unités produisant essentiellement pour le marché anglais, aujourd’hui, d’importants groupes étrangers (italiens, chinois et américains) s’y sont implantés et exercent pour l’essentiel dans la production de denim, de lingerie féminine ainsi que dans la confection de jeans et de tee-shirts. Rabat et sa région comptent 119 entreprises de textile (soit 8% des entreprises du secteur), qui emploient au total 16 008 personnes, soit 15% de l’effectif global de la filière textile.