Evolution divergente des finances internes et externes

Bonne orientation du Budget, avec une hausse des recettes fiscales de 7,4% et une baisse de l’ensemble des postes de dépenses, à l’exception des charges de compensation. Le déficit commercial en revanche s’est creusé, et les réserves nettes internationales sont en recul.

Les finances publiques de l’Etat, sur les cinq premiers mois de 2017, évoluent très favorablement. Les recettes ordinaires ont en effet augmenté de 7,7%, à 90 milliards de DH, tandis que les dépenses ordinaires, elles, ont baissé de 3,4%, à 85,8 milliards de DH. Il en résulte que le solde ordinaire est excédentaire de 4,15 milliards de DH. Avec des investissements en baisse de 4,3%, à 25,7 milliards de DH, le solde global du Budget est ainsi déficitaire de 7,46 milliards de DH, un niveau 3,5 fois inférieur à celui accusé à la même période de 2016. Ce sont là les chiffres publiés par la Trésorerie du Royaume (TGR), et même si l’on sait que ceux-ci subiront par la suite un retraitement par d’autres directions du ministère des finances, la configuration globale, celle d’un Budget favorablement orienté, restera la même.

Ce qui explique cette évolution ? D’une part, une hausse importante des recettes fiscales (+7,4%), et principalement de l’IS (+17,9%), de la TVA (+9%), de l’IR (+3,9%), des droits d’enregistrement et de timbre (+5,6%) ; et, d’autre part, une baisse des dépenses qui touche l’ensemble des postes, à l’exception des charges de compensation qui ont augmenté de 27,7% à un peu plus de 5 milliards de DH.

Les recettes de voyages et les transferts des MRE stagnent

Sur le front des finances extérieures, la situation est en revanche moins brillante. Selon les premières données de l’Office des changes, le déficit commercial à fin mai s’est creusé de 9,1 milliards de DH à -78,45 milliards de DH, ramenant le taux de couverture à 56,8% au lieu de 58,6% à la même période de 2016. Cette situation est due à une hausse des importations de 8,6%, à 181,76 milliards de DH, tirée principalement par un renchérissement de 42,7% de la facture énergétique à 28,3 milliards de DH et de celle des biens d’équipements de 8,1% à 50,6 milliards de DH. Les exportations, elles, ont progressé de 5,3%, à 103,3 milliards de DH. Elles ont été tirées essentiellement par un accroissement de 6,7% des ventes du secteur “agriculture et agro-alimentaire”, de 7,9% des expéditions des phosphates et dérivés et de 1,5% de l’automobile. En matière de flux financiers, les transferts des MRE autant que les recettes de voyages ont stagné respectivement à 24,3 et 22,8 milliards de DH. Les IDE, eux, ont augmenté de 4,2% à 15,2 milliards de DH. Cette évolution a fait que les réserves nettes internationales sont retombées à 229,3 milliards de DH, couvrant 5 mois et 24 jours d’importations de biens et services, selon les indications de Bank Al-Maghrib.