L’accord de Paris ratifié, les choses sérieuses commencent…

L’accord de Paris est entré en vigueur vendredi 4 novembre, soit 11 mois après l’adoption du texte par les parties. Il s’agit de réduire les émissions de GES de 40 à 70% d’ici à 2050, et de les faire disparaître en 2100. L’ONU estime que la concrétisation d’un développement durable devra nécessiter entre 5 000 et 7000 milliards de dollars par an.

Moins d’un an après son adoption par 195 Etats à Paris, lors de la COP21, le premier accord qui engage la communauté internationale contre le réchauffement climatique est entré en vigueur, vendredi 4 novembre. Il a été ratifié par 97 parties, représentant plus de 67,5% des émissions de gaz à effet de serre mondiales. Le monde ne peut que se targuer d’un tel succès puisqu’il n’aura fallu que onze mois au texte pour être ratifié, alors que cela avait pris 8 ans au protocole de Kyoto. Ainsi, les pays s’engagent à réduire leurs émissions de GES nécessaires pour maintenir l’augmentation de la température bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, tout en promettant de poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5 °C.  Pour atteindre ces objectifs, les efforts à déployer sont énormes. Il s’agit en fait de réduire les émissions de GES de 40 à 70% d’ici à 2050, et de les faire disparaître en 2100, pour espérer rester en dessous des 2°C; et de les diminuer de 70 à 95% pour rester sous 1,5 °C, et ce, selon le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC). Cela devient d’autant plus urgent que les émissions de GES responsables du changement climatique et de leurs impacts continuent d’augmenter. Aussi, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a confirmé que la concentration mondiale moyenne dans l’atmosphère du principal gaz à effet de serre, le dioxyde de carbone, a atteint pour la première fois en 2015 la barre symbolique des 400 particules par million et a battu de nouveaux records en 2016. Désormais entré en vigueur, il est accompagné d’une vague d’actions et d’engagements inégalés pour construire une industrie véritablement globale des énergies renouvelables, avoir une électricité, des méthodes de production, de construction et agricoles propres, et pour restructurer les économies et les sociétés afin qu’elles soient plus résilientes aux impacts climatiques déjà observés.

Dans ce cadre, Salaheddine Mezouar, président de la COP22, a souligné que l’engagement et la dynamique pris à Paris doivent se traduire par la ratification et le dépôt des instruments de ratification de cet accord. «La COP doit marquer un changement de cap : engagement, accélération d’un certain nombre de chantiers et proriarisation d’autres», ajoute-t-il.

Dans les prochaines années, et idéalement au plus tard en 2018, les gouvernements et parties auront finalisé les derniers détails des règles qui  permettront de mesurer, rendre compte et évaluer l’action climatique mondiale. Cela garantira la transparence nécessaire à toutes les parties pour accélérer l’action climatique, tout en s’assurant que chacun est engagé dans cet effort et fournit le meilleur de lui-même. En même temps, les gouvernements se sont également accordé à apporter les technologies adaptées et le soutien financier nécessaire aux pays en développement afin qu’ils construisent leur propre avenir, durable et propre. En outre, les parties non étatiques font preuve d’un intérêt et d’engagements accrus pour réduire leurs émissions de carbone, et soutenir les gouvernements et les parties dans leur lutte contre les impacts du changement climatique.  Par ailleurs, «le partenariat public-privé est d’une importance capitale», assure Said Mouline, membre du comité de pilotage de la COP22. En effet, la grande majorité des plans d’action qui permettront aux pays d’atteindre leur objectif, devraient se réaliser à travers les PPP. A côté de l’ensemble de ces objectifs, le financement reste la pierre angulaire pour la concrétisation des engagements. En ce sens, des réaffectations massives d’investissements sont nécessaires.

L’ONU estime que la concrétisation d’un développement durable devra nécessiter entre 5 000 et 7000 milliards de dollars par an, une grande partie devant financer la transition vers une économie mondiale résiliente et sobre en carbone.  Face à ces besoins en investissements, et avec des ambitions d’engagements des secteurs public et privé accrues, des mécanismes de financements innovants devraient absolument être créés.