«La Fondation Mohammed VI a développé un logiciel de calcul d’émissions de CO2»

Elle privilégie la recherche en matière de protection de l’environnement pour adapter les concepts au niveau du Maroc. Trois régions achèveront leur bilan d’émission de GES en 2017, dont Marrakech.

Lahoucine Tijani Président délégué de la Fondation MohammedVI pour la protection de l’environnement
Lahoucine Tijani
Président délégué de la Fondation MohammedVI pour la protection de l’environnement

Quel bilan pouvez-vous nous dresser de l’activité de la fondation durant ces dernières années ?

Sous la présidence de SAR la Princesse Lalla Hasnaa, la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement a pour mission de sensibiliser et d’éduquer le citoyen pour une prise de conscience environnementale. Pour ce faire, la fondation focalise son action essentiellement sur les jeunes notamment à l’école. Mais pas seulement. La fondation s’adresse à tous les publics, depuis les écoliers jusqu’aux décideurs politiques et économiques, en passant par le grand public, et développe une prise de conscience des enjeux environnementaux, du droit à un environnement sain et au développement durable. Aussi, la fondation prépare les générations futures à prendre en main la préservation de leur cadre de vie, et à s’engager concrètement dans la voie du développement durable. Pour cela, elle se réfère aux engagements pris par le Maroc lors des sommets de Rio en 1992 et 2012, et de Johannesburg en 2002, et que le Royaume a déclinés dans sa Charte de l’environnement et du développement durable, la loi-cadre et les stratégies nationales qui en ont découlé.

Quels seront les principaux engagements qui seront pris lors de la COP22 ?

La fondation privilégie la recherche en matière de protection de l’environnement pour adapter les concepts au niveau du Maroc. Rappelons à ce titre qu’elle est membre Observateur de la CCNUCC depuis 2009, et participe aux différentes COP qui sont organisées depuis cette date. Elle a aussi conclu des partenariats fructueux avec des organismes internationaux tels que l’UNESCO, l’ISESCO, le PNUE, l’IUCN, la FAO. Lors de la COP22, la fondation organise différentes actions avec les jeunes, principalement le Forum des jeunes reporters pour l’environnement, qui regroupe des jeunes venus du Kenya, du Ghana, d’Afrique du Sud, de Tanzanie et d’Ouganda, pour partager des idées et actions, et sortir avec des recommandations en réponse aux changements climatiques, et qui vont être portées au niveau de la CCNUCC à travers le Collectif des jeunes «Youngo».

Vous avez lancé en 2002 un programme intitulé ‘’Qualit’air’’ où vous avez pris plusieurs engagements. Quelles actions concrètes ont été réalisées ?

Lancé en 2002, il a pour objet l’accompagnement des pouvoirs publics et la sensibilisation des opérateurs économiques en vue de l’amélioration de la qualité de l’air, dans une optique de préservation de la santé et des écosystèmes. Il vise à créer une dynamique nationale génératrice de comportements éco-responsables. C’est un travail qui a duré plus de 10 ans du fait de sa complexité et de la multiplicité des intervenants. Mais les résultats atteints dépassent les attentes, notamment la mise en place d’un réseau de surveillance de la qualité de l’air qui fédère l’ensemble des acteurs pour renforcer les réseaux existants et en développer de nouveaux dans les principales villes. De cela découle le lancement d’une étude éco-épidémiologique qui consiste à évaluer l’impact sanitaire de la pollution de l’air et de mettre en place un dispositif de surveillance éco-épidémiologique dans la Région du Grand Casablanca. Cette étude vise entre autres à mesurer les liens à court terme entre les polluants et un certain nombre d’indicateurs de mortalité et morbidité recueillis auprès de la population de Casablanca. En même temps, la fondation a développé deux autres projets complémentaires par des actions ciblant les entreprises industrielles. Il en est ainsi du Programme «Eco-Entreprises» et «Compensation Volontaire Carbone», sensibilisant et incitant les entreprises et institutions à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et à compenser celles irréductibles par la participation au financement de projets de réduction et de séquestration de CO2. Actuellement, 365 écoles rurales, 205 logements d’instituteurs et 35 000 élèves bénéficient d’énergie solaire. Par ailleurs, 12 000 palmiers dattiers ont été plantés à Marrakech, grâce à ce programme, représentant 2% du nombre global de plantations effectuées dans le cadre du programme de sauvegarde et de développement de la Palmeraie de Marrakech, qui est de 58 000 palmiers dattiers.

La fondation a développé un logiciel de calcul d’émissions de CO2, dont l’objectif est de sensibiliser tous les visiteurs du site de la fondation à l’effet de serre et son impact. De même, elle a développé le bilan carbone pour parvenir à une bonne évaluation des émissions directes ou induites par l’activité. A l’occasion de la COP22, la fondation a mis ces outils à la disposition des organisateurs afin qu’ils puissent établir l’empreinte carbone et compenser les émissions de CO2 dans des opérations de captation au Maroc.

A part les 17 entreprises signataires de ce programme, y en a-t-il d’autres qui sont intéressées ?

Dix-sept entreprises ont adhéré à ce Pacte Qualit’air et sont en cours de réalisation des premiers bilans carbone au Maroc. D’autres entreprises se joignent à elles. Une formation leur a été d’ailleurs dispensée en juillet dernier pour les accompagner dans ce processus.
Les régions du Maroc pour lesquelles un plan climat est en cours d’élaboration ont également suivi l’exemple, et trois régions d’entre elles, dont Marrakech à titre pilote, achèveront leur bilan d’émission de GES en 2017 avec l’accompagnement de la fondation.