Déchets ménagers : place à la valorisation

Beaucoup reste à faire dans la valorisation afin d’ériger un modèle durable de gestion des déchets. Batteries usagées, pneus usés, huiles lubrifiantes usagées, papier-carton, huiles alimentaires usagées, déchets électriques et électroniques, déchets de construction et de démolition et véhicules en fin de vie sont les premiers visés.

En dix ans seulement, le traitement des déchets au Maroc a beaucoup évolué. Pour preuve, le taux de collecte professionnalisée est passé de 44% en 2008 à 85,2%, selon les données fournies par le secrétariat d’Etat au développement durable (SEDD). Le taux de mise en décharges contrôlées et en centre d’enfouissement et de valorisation (CEV) a atteint quant à lui 62,63 % (3,95 Mt) des déchets ménagers produits par les ménages contre seulement 10% avant 2008.

L’évolution de ce taux s’explique en effet par la prolifération des décharges contrôlées et les CEV, qui ont totalisé respectivement 26 décharges et 49 centres éparpillés dans les quatre coins du Royaume. Il faut dire que le plan national des déchets ménagers (PNDM) a porté ses fruits. Élaboré par le département de l’environnement et le ministère de l’intérieur (DGCL), le PNDM vise essentiellement la réforme et le développement du secteur des déchets. Concrètement, il a pour objectif d’assurer la collecte et le nettoiement des déchets ménagers pour atteindre un taux de collecte professionnalisée (gestion déléguée) de 85% en 2016 et 90 % en 2022, mais pas que. Le PNDM prévoit la réalisation des centres d’enfouissement et de valorisation des déchets ménagers et assimilés au profit de tous les centres urbains (100%) en 2022 et à réhabiliter ou fermer toutes les décharges existantes (100 %) en 2022.

Généralisation des plans directeurs de gestion des déchets ménagers

Autres objectifs, et non des moindres : généraliser les plans directeurs de gestion des déchets ménagers et assimilés pour toutes les préfectures et provinces du Royaume, développer la filière de «tri-recyclage-valorisation» pour atteindre un taux de 20 % du recyclage et 30% sous d’autres formes d’ici 2022, et former et sensibiliser tous les acteurs concernés sur la problématique des déchets. Côté financement, le coût du PNDM est estimé à la coquette somme de 40 milliards de DH. 72 % est dédié au collecte et nettoiement alors que la réalisation et l’exploitation des décharges contrôlées se taille 14,6 %. Le reste est réparti entre la réhabilitation et fermeture des décharges sauvages (6,3 %), les études, le suivi et le contrôle (3,5 %), l’activité «Tri, recyclage et valorisation» (1,8 %), et la communication (1,8 %).

Intégration du tissu informel

La mise à niveau de la collecte est insuffisante pour assurer la durabilité du mode de vie des Marocains et de l’économie du Royaume. C’est la raison pour laquelle un autre plan, à savoir le plan national de valorisation des déchets (PNVD), a été initié par le SEDD. L’objectif est de développer différentes filières de valorisation des déchets à l’horizon 2030. Dans le détail, il s’agit d’atteindre un taux de recyclage des déchets ménagers et assimilés de 20%, un taux de valorisation énergétique des déchets de 10%, un taux d’élimination contrôlée des déchets de construction et de démolition de 60%, des taux de recyclage des différents déchets des filières de 40 à 80% et enfin un taux d’intégration des chiffonniers de 50%.
Les filières de valorisation ciblées concernent les batteries usagées, les pneus usés, les huiles lubrifiantes usagées, le papier-carton, les huiles alimentaires usagées, les déchets électriques et électroniques, les déchets de construction et de démolition et les véhicules en fin de vie. Celles-ci sont déjà en cours de création, avec comme principal défi l’intégration du tissu informel, qui domine encore dans le secteur.

Le gisement total des déchets au niveau national en 2015 (année de référence) est estimé à 26,8 Mt, réparti comme suit -non compris les déchets agricoles – :

• La production en déchets ménagers et assimilés (DMA) en milieu urbain est estimée à 5,9 Mt ;

• La production en déchets ménagers et assimilés (DMA) en milieu rural est estimée à 1,5 Mt ;

• La production en déchets industriels (DI) est de 5,4 Mt ;

• La production en déchets de construction est de 14 Mt.

A l’horizon 2030, le gisement total des déchets estimé en 2015 à 26,8 millions de tonnes connaîtra une augmentation importante pour atteindre 39 Mt, soit une augmentation de 45%.