Environnement social ? Et pourquoi pas Dakhla ?

Rabat, Mohammédia et Dakhla se placent en tête de leurs catégories en termes de développement social. Casablanca, Béni-Mellal et Boujdour ne sont pas loin.

Pour avoir une vue globale de la qualité de vie d’une ville, il est nécessaire de s’intéresser à son environnement social, notamment à travers l’indice de développement humain (IDH), à l’emploi, à la sécurité et à la pauvreté.
Pour  les grandes villes, le trio gagnant est Rabat, Casablanca, et Agadir avec une mention spéciale pour la capitale qui enregistre le taux de pauvreté le plus faible du Maroc (2,4% contre une moyenne nationale de 14,3%) et qui connaît une moyenne de 63 délits par 10  000 habitants, ce qui la classe en tant que ville la plus sûre du Royaume. En contrepartie, on note la régression de l’emploi de  -1,7%.

Deuxième de ce classement, Casablanca possède le meilleur indice de développement humain -l’Indice de développement humain tient compte de l’espérance de vie, de l’éducation (analphabétisme et taux de scolarisation) et du PIB par habitant- du pays à 0,77. De plus, le taux de pauvreté est très faible (2,7%) et le pourcentage de délits assez faible (189 délits par 10 000 habitants) et cela malgré le fait que le nombre de délits enregistrés sur Casablanca représente près de 15% du total national.
La surprise vient d’Agadir qui, avec un taux de délits légèrement supérieur à la moyenne de sa catégorie (260 délits par 10.000 habitants contre 228 en moyenne), reste sûre, toutes catégories confondues, et affiche un bon indice de développement à 0,75, un taux de pauvreté correct (9,4%) et un taux d’évolution de l’emploi de +4,2% (1er de sa catégorie).
La ville d’Oujda affiche une forte régression de l’emploi, un fort taux de pauvreté (12,7%) (2e plus important de sa catégorie) et plus important taux de délits (292 délits par 10 000 habitants).

De manière générale, les grandes villes sont les plus sûres

Avec un niveau de sécurité relativement faible (277 délits pour 10.000 habitants) et un taux de pauvreté élevé (19,9% contre une moyenne de 9,8% dans la catégorie et de 14,3% au niveau national), la ville de Kénitra arrive une nouvelle fois en queue de classement. Ceci s’explique par une évolution du taux de l’emploi négative (diminution de -2,7%) et par un indice de développement  humain qui reste en dessous de la moyenne de sa catégorie (0,69 contre 0,7).

Il est à noter que d’une manière générale, les 10 grandes villes bénéficient d’un niveau de sécurité supérieur à la moyenne nationale (228 délits par 10.000 habitants contre 408 pour les villes de moyenne taille et 561 pour les villes de petite taille).
Pour les villes de taille moyenne, Mohammédia et Béni-Mellal apparaissent en tête du classement. Ces performances s’expliquent par un indice de développement humain élevé, un taux de pauvreté des plus faibles et à un nombre de délits dans la moyenne nationale. En effet, la ville de Mohammédia possède le 1er indice de développement humain de sa catégorie (0,75), un taux de pauvreté équivalent à sa voisine Casablanca (2,7%) qui lui permet de survoler sa catégorie sur ce critère et un nombre de délits par 10.000 habitants inférieur à la moyenne des villes de taille moyenne (277 contre 408). Pour ce qui est de Béni-Mellal, le nombre de délits est dans la moyenne de la première catégorie à 216 (1er des villes moyennes) et l’évolution du taux d’emploi est positif (+1,3%).

Notons le bon classement de Laâyoune qui se positionne à la 3e place. Avec un indice de développement humain correct, 0,71 (équivalent à la moyenne nationale) et une légère diminution de son taux d’évolution de l’emploi (-0,4%), Laâyoune possède un taux de pauvreté faible (2e sur les villes moyennes, 6ème sur le plan national) à 6,3% et un pourcentage de délits par habitant intéressant (2e  sur les villes moyennes, 10ème sur le plan national) à 230 délits par 10 000 habitants.
Les villes que l’on retrouve en bas de classement sont souvent victime du ralentissement économique. Ainsi, à Khemisset, l’exode massif vers la capitale a eu pour conséquence un recul de 10 % de l’activité professionnelle concourant à la baisse de l’indice de développement humain. A cela s’ajoute un fort pourcentage de délits enregistrés (751 par 10 000 habitants) et un taux de pauvreté élevé de 15,6% où la ville de Nador la dépasse avec un indice de 17,3%.

Globalement, les villes de taille moyenne ont un taux de pauvreté et des pourcentages de criminalité nettement supérieurs aux villes du top 10 (12,5% contre 9,8% pour le taux de pauvreté, 408 délits par 10.000 habitants contre 228).
Le taux de pauvreté et l’insécurité sont élevés dans les petites villes et s’établissent respectivement à une moyenne de 17% et 561 délits pour 10 000 habitants. Cela est particulièrement notable dans les villes de Taourirt, Ouled Taïma et Sidi Kacem qui occupent les 3 dernières places du classement. Taourirt, qui présente un taux de pauvreté très important (27,3%), un taux d’évolution de l’emploi négatif de -3,7%, un nombre de délits de 660 par 10 000 habitants (alors que la moyenne des petites villes est de 561) et un indice de développement humain de 0,63 (plus faible indice national), symbolise l’inconfort et le difficile développement de cette ville du Rif.

C’est par ailleurs à Kelaat Sraghna qu’on dénombre le plus grand pourcentage de délits du Royaume avec plus de 1120 délits par tranche de 10 000 habitants, soit plus de 8.900 délits enregistrés en 2009. Kelaat  Sraghna qui affiche aussi un faible indice de développement humain de 0,66  et un taux de pauvreté important de 23,1%.

On remarquera cependant que ce classement fait la part belle à Dakhla, modèle de développement social dans sa catégorie avec un indice de développement humain relativement élevé (0,74) mais surtout un nombre de 156 délits pour 10 000 habitants très faible (3e  sur le plan national) auquel s’ajoute un taux de pauvreté extrêmement faible de 2,8% (4e sur le plan national). Seul point négatif, la diminution du taux d’emplois enregistré (-2,6%).