Energies renouvelables : 73 milliards de DH seront investis entre 2013 et 2015

L’Etat a décidé d’accélérer la mise de la stratégie nationale de promotion des énergies renouvelables. Le budget arrêté servira à  financer une puissance de 3 640 MW qui s’ajouteront aux 872 MW prévus pour 2008-2012.

Deux ans après les 1ères Assises de l’Energie, qui s’étaient déroulées en mars 2009 à Rabat, les pouvoirs publics accélèrent la mise en œuvre de la stratégie nationale de promotion des énergies renouvelables. Alors que sur la période 2008-2012, les investissements dédiés au secteur électrique s’élèvent à 24 milliards de DH pour l’installation d’une puissance électrique supplémentaire de 872 MW, dont 300 MW apportés par la future turbine à gaz de Kénitra, l’enveloppe prévue pour la période 2013-2015 est de 73 milliards de DH. C’est ce qu’a annoncé Amina Benkhadra, ministre de l’énergie, des mines, de l’eau et de l’environnement, à l’occasion de la deuxième édition de ces assises organisées le 31 mai à Oujda. L’enveloppe contribuera à l’installation d’une puissance électrique supplémentaire de 3 640 MW avec notamment l’extension de la centrale électrique à charbon propre de Jorf Lasfar (2×350 MW), la construction d’une centrale du même type à Safi (2×660 MW), sans oublier la construction de la première centrale solaire prévue par le projet solaire marocain à Ouarzazate.
Lors de ces assises, cinq conventions ont été signées. L’accent a été mis cette fois sur la formation et le transfert de compétences en matière de technologies dans les énergies renouvelables. La première de ces conventions, paraphée par l’Etat et les opérateurs privés, à travers leurs associations professionnelles (Fédération nationale de l’électricité, de l’électronique et des énergies renouvelables et la Fédération des industries métallurgiques, mécaniques et électromécaniques) porte sur la création d’instituts des métiers des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (IFMEREE). Trois instituts de ce type sont prévus. Le premier ouvrira ses portes d’ici 2012 à Oujda. Un an plus tard, ce sera au tour de Tanger et Ouarzazate. Chacun de ces instituts nécessitera un investissement d’un peu plus de 100 MDH. L’objectif est de former 47 000 personnes nécessaires au secteur, dont 5 300 ingénieurs, 23 800 ouvriers qualifiés et 17 900 techniciens.

Première convention entre Mansen et Desertec

La recherche et développement n’est pas en reste avec la signature d’un accord de coopération entre le ministère de l’énergie et le Centre allemand de compétences des couches minces et de nanotechnologie «Helmholtz Centre Berlin for Materials and EnergyGmbH-HZB». Cet accord porte essentiellement sur la conception, le développement et l’amélioration des équipements solaires. Il prévoit la conduite commune de projets de recherche aussi bien pour améliorer l’efficacité des technologies photovoltaïques à couche mince, que pour réduire les coûts de cette technologie. Des installations pilotes sont également programmées dans le cadre de cet accord.
Signée entre les ministères des finances, de l’énergie et du commerce et l’industrie, la convention cadre pour l’appui à l’investissement industriel dans les filières des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, fixe, quant à elle, les conditions d’accès au Fonds de développement énergétique doté d’un milliard de DH par les industriels désireux d’investir dans ce domaine au Maroc.
De quoi rattraper le temps perdu et développer la filière de l’économie verte made in Maroc, pour l’instant balbutiante et la rendre incontournable en obligeant les adjudicataires à faire appel aux sous-traitants locaux.
Ces 2e Assises ont également vu la signature d’une convention entre la MASEN et Desertec, cette initiative européenne qui ambitionne de créer un réseau de centrales thermiques du Maroc jusqu’en Arabie Saoudite et d’en acheminer une partie de la production vers l’Europe. Ce premier acte officiel entre les deux organisations prévoit l’élaboration d’un projet d’export type permettant d’évaluer la faisabilité des objectifs que s’est fixé Desertec. Enfin, Theolia, opérateur international indépendant spécialisé dans l’éolien, et l’Office national de l’électricité ont signé la convention relative au renforcement (100 MW) et à l’extension (200 MW) du parc éolien de Tanger Abdelhaq Torres.