En 2009, le plan d’urgence était lancé…

Le Plan d’Urgence de l’Education Nationale pour la période 2009-2012 constitue une feuille de route pour l’accélération de la mise en Å“uvre de la réforme de l’Education et de la Formation.
Deux ans après son lancement, les premiers résultats commencent à  se faire sentir … Mais le chantier reste vaste…

Le Plan d’urgence Najah, doté d’un budget de 44 milliards de DH, a été insufflé par le ministère de l’éducation en 2008 afin de donner une nouvelle dynamique à la réforme de l’éducation et de la formation dans notre pays. Il a pour objectif de placer l’apprenant au cœur du système d’éducation et de formation et de mettre les autres piliers à son service, à savoir : des apprentissages recentrés sur les connaissances de base et permettant de favoriser l’épanouissement de l’élève ; des enseignants travaillant dans des conditions optimales et maîtrisant les méthodes et les outils pédagogiques nécessaires ; des établissements de qualité offrant à l’élève un environnement de travail propice à l’apprentissage.

Il s’organise autour de 4 axes stratégiques déclinés en 27 projets concrets afin d’assurer la mise en œuvre du Plan :
–  Rendre effective l’obligation de scolarité jusqu’à l’âge de 15 ans
–  Stimuler l’initiative et l’excellence au lycée et à l’université
–  Affronter les problématiques transversales du système
–  Se donner les moyens de réussir

Deux ans après le lancement du Plan, un premier bilan mitigé apparaît. Il est incontestable, au vu des chiffres, que de nettes améliorations concernant l’extension de l’offre scolaire ont été enregistrées. Ainsi, selon le ministre de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur, Ahmed Akhchichine, le taux d’abandon scolaire en première année de primaire a chuté de 29% entre 2009 et 2010. Sur la même période, le taux de scolarisation des 6-11 ans a gagné 3,5 points pour atteindre 95%. Celui des 12-14 ans a augmenté de 4,1 points pour s’établir à 74,4%. La scolarisation des 15-17 ans atteint désormais 50,4%, en hausse de 2,3 points. Par ailleurs, 359 nouveaux établissements ont été construits, et près de 14.000 enseignants ont été recrutés.
Si les résultats présentés affichent globalement des évolutions positives, les efforts doivent être maintenus et beaucoup reste à faire. Le ministre de l’éducation, Ahmed Akhchichine, en a bien conscience  lorsqu’ il affirme que le système contient encore «des archaïsmes, des limites dans le savoir-faire et des partenariats non assumés» lors du 1er bilan organisé par le centre de recherche Links. En effet, des résistances ont été remarquées : celle par exemple du corps enseignant qui aurait freiné le plan selon le ministre. Réfractaires à voir nommer des profils différents à des postes de responsabilités, certains enseignants se sont opposés, estimant être les seuls à avoir la légitimité pour parler de l’école. Et lorsque le ministre parle de «limites dans le savoir-faire», il pointe du doigt le fait que le plan d’urgence ait modifié les habitudes (charge de travail supplémentaire, obligation de résultat) et qu’il est nécessaire de prévoir un temps d’adaptation.
En outre, l’enseignement supérieur représente l’autre grand défi. Des progressions encourageantes ont été enregistrées : le nombre d’étudiants a crû de 10%, le nombre de diplômés a grimpé quant à lui de 15% et atteint presque les 40.000 et 55% de l’offre de  formation est  aujourd’hui professionnalisante. Mais, les résultats demeurent insuffisants notamment au regard des grandes ambitions des stratégies sectorielles lancées par notre pays (Plan Emergence, Vision 2020, Stratégie Halieutis, etc.). Dans cette perspective, le nombre d’ingénieurs reste très insuffisant par rapport aux besoins du pays estimés à 35 000 ingénieurs par an, et ce, en dépit d’une augmentation de 18% permettant d’atteindre 11 420 ingénieurs en 2010-2011. Cet exemple incarne le problème de l’enseignement supérieur : on constate une amélioration mais il faut faire beaucoup plus. Ainsi, le ministre déclarait : «Tant que nous n’aurons pas la capacité d’accueillir au moins un million d’étudiants à chaque rentrée, comme en Algérie, nous courrons le risque de rupture au regard de la croissance et ne pourrons pas parler des conditions d’émergence réelle à laquelle nous aspirons tous». Une façon agréable de dire qu’il y a urgence…