Electronique : les exportations renouent avec une croissance à  deux chiffres

La valeur des produits expédiés à  l’étranger a progressé de 25% à  fin octobre, à  7,3 milliards de DH.
L’activité est portée par Lear electronics et ST Microelectronics n L’industrie marocaine est encore très axée sur la sous-traitance.

L’électronique reprend en douceur. Après des évolutions contrastées pendant les deux dernières années, les exportations du secteur renouent avec une croissance à deux chiffres. D’après les chiffres de l’Office des changes arrêtés à fin octobre, elles s’élèvent à 7,3 milliards de DH contre 5,8 milliards à la même période de 2013, soit une hausse de 25%, la deuxième plus importante progression après celle de l’automobile dont les expéditions ont crû de 29,3%. Cette hausse a été portée par l’augmentation des exportations de deux gros opérateurs de la filière, en l’occurrence ST Microelectronics et Lear electronics. «Ces deux entités ont réalisé des ventes exceptionnelles tandis que les expéditions du reste des opérateurs évoluent d’environ 10% conformément à nos prévisions», explique Farida El Asety, présidente de l’Association de l’électronique (Asel), émanation de la Fédération nationale de l’électricité, de l’électronique et des énergies renouvelables (Fenelec).
Pour Lear electronics, qui fait l’électronique de spécialité en grandes quantités, notamment les cartes électroniques pour l’industrie automobile, elle a atteint sa vitesse de croisière environ quatre ans après son installation. La société fournit des constructeurs européens dont BMW, Renault et Volkswagen. Pour St Microelectronics, les réalisations sont plutôt dopées par la demande provenant de donneurs d’ordre asiatiques qui représentent environ 30% du marché à l’export.
Par ailleurs, la présidente de l’Asel rapporte que la croissance du reste du secteur est bien orientée, profitant d’une demande en légère reprise émanant des clients européens qui pèsent 70% des exportations de l’électronique (France, Italie et Espagne dans une moindre mesure). Selon quelques opérateurs, la demande est soutenue surtout pour l’électronique statique destiné aux industries télécoms, pharmaceutiques et ferroviaires et dans une moindre mesure pour l’électronique embarquée qui concerne l’automobile et l’aéronautique.

Les opérateurs prévoient de finir l’année avec 8 milliards de DH à l’export

Malgré tout, le secteur demeure fragile en raison de sa nette dépendance des donneurs d’ordre européens dont les commandes sont irrégulières sur les cinq dernières années, et la concentration d’une grande partie du chiffre d’affaires sur un opérateur, en l’occurrence ST Microelectronics. D’ailleurs, c’est pour ces deux raisons que les exportations alternent les hausses et les baisses depuis 2005.

De plus, souvent les retombées des marchés internationaux tardent à se faire sentir sur la filière, vu que les entreprises marocaines occupent des rangs secondaires sur la chaîne de valeur. Autrement dit, le modèle de sous-traitance adopté pour l’électronique, comme pour d’autres métiers mondiaux, fait en sorte que les opérateurs se placent généralement au 3e, voire au 4e rang, alors que les grands groupes se positionnent au premier et au deuxième rang et commencent à sous-traiter le reste du travail.
Le secteur de l’électronique compte environ 65 petites et moyennes entreprises, dont cinq spécialisées dans les composants électroniques, tandis que le reste exerce dans l’électronique de spécialité qui comprend les produits complets, semi-complets et les pièces électroniques. Ces entités travaillent avec des donneurs d’ordre européens, principalement français et italiens, opérant dans l’aéronautique, l’industrie automobile, les télécoms, les équipements médicaux et le ferroviaire. Seule une partie insignifiante de la production est écoulée sur le marché local, ce qui renseigne parfaitement sur l’absence d’une industrie électronique nationale, selon la responsable de l’Asel. Pour les perspectives à court terme, les opérateurs prévoient de finir l’année avec 8 milliards de DH d’exportations, soit moins de 700 MDH sur les deux derniers mois, capitalisant sur les marchés gagnés par plusieurs gros opérateurs de l’industrie, notamment Airbus, Thalès, 3M et autres.
Notons que le secteur de l’électronique emploie environ 9 000 personne.