Education : être Oujdi ou ne pas être

En termes d’offre en éducation, la ville d’Oujda occupe la première place au classement en affichant des performances constantes sur tout le cursus éducatif.

Dans la catégorie des grandes villes, c’est Oujda qui crée la surprise. Malgré des taux de scolarisation primaire, secondaire et universitaire moyens (98%, 91% et 78%),  la ville enregistre un taux d’encombrement des salles relativement faible (38 élèves par salle contre une moyenne de 48 pour les autres grandes villes) et pour ce qui est du taux de réussite au baccalauréat, la ville se positionne au dessus de la moyenne des grandes villes avec 47,3% de réussite. Seul bémol, le taux de scolarisation primaire (population de 6 à 11 ans) est l’un des plus faibles de ce classement (40e/51) et démontre qu’il est nécessaire d’agir à ce niveau.
Le podium est complété par les villes de Rabat et Meknès, cette dernière affichant l’un des meilleurs taux de réussite au baccalauréat (48,5% et 47,6%). Mais ces deux villes ont un taux de scolarisation primaire en-deçà de leur capacité ainsi qu’un taux d’encombrement des salles assez élevé avec respectivement 41 et 41,4 élèves par classe. Il convient de noter tout de même que ces taux sont inférieurs aux moyennes nationales. Enfin, la ville de Rabat, avec un taux de scolarisation universitaire de 93%, se classe 2e classement national, juste derrière El Jadida.
A l’inverse, Agadir et Tanger sont à la traîne : des taux de scolarisation dans le secondaire décevants (77,9% et 73,6%), doublés d’un fort encombrement des salles de cours avec respectivement 54 et 56,2 élèves par classe. De plus, outre un taux de scolarisation universitaire faible (31% et 33%), les deux villes présentent des taux de réussite au baccalauréat légèrement inférieurs à la moyenne des grandes villes (45,4 et 45,3% contre une moyenne de 45 ,6%). D’importants efforts sont donc à entrevoir pour ces deux villes en plein boom touristiques afin de doter leur population d’un enseignement de qualité et représentatif.  
Dernière de ce classement, la ville de Kénitra offre des capacités et des taux de scolarisation nettement plus faibles que ses concurrentes. Avec l’un des taux de réussite au baccalauréat des plus faibles du Royaume (38,8%), 48e ville sur 51, Kénitra se doit d’entreprendre d’importantes remises à niveau. Le taux de scolarisation dans le secondaire est de seulement 61,8% de la population de 12 à 14 ans et le taux d’encombrement des salles de classe est de 52,7 élèves par classes, plaçant la ville dans les dernières du classement national (toutes villes comprises). Par ailleurs, il est à noter que les villes à la réception de l’exode rural ont tendance à bénéficier de forts taux de scolarisation et à souffrir de taux d’encombrement importants .

38 élèves par classe à Nador

En ce qui concerne les villes de moyenne taille, c’est aux villes de Khémisset, Mohammédia, et Nador que reviennent les honneurs du classement. La ville de Khémisset obtient le meilleur taux de réussite au baccalauréat de sa catégorie avec 47,6% de réussite et des taux de scolarisation dans le primaire et dans le secondaire qui la placent dans le top 10 sur ces 3 critères, toutes villes confondues. Par ailleurs, on note que Khémisset ne possède pas les infrastructures universitaires nécessaires à son bon développement avec un taux de scolarisation universitaire de seulement 26%.
Quant à Mohammédia, la ville présente du très bon avec des taux de scolarisation primaire, secondaire et universitaire qui la placent dans les places d’honneur national, et du moins bon avec un taux de réussite au baccalauréat de 43,4% et un taux d’encombrement des salles de 48,9 élèves par classe.
Enfin, la ville de Nador offre des résultats plutôt encourageants : taux d’encombrement des salles de classe de 38,1 élèves, taux de réussite au baccalauréat de 47,3 % contre une moyenne de 42,3% dans sa catégorie. Mais cela n’est pas sans cacher un net retard de scolarisation, que ce soit dans le secondaire (60% de la population) ou dans l’enseignement supérieur (52%). Ainsi, les villes de taille moyenne possèdent majoritairement un bon taux de scolarisation primaire, qui se dégrade néanmoins lors de l’arrivée au collège. En outre, pour cette catégorie de villes, on observe que la déperdition scolaire lors du passage à l’université fait loi, à l’exception d’El Jadida qui enregistre le taux de scolarisation universitaire le plus élevé du Maroc (100%). Cette dernière offre un paradoxe intéressant puisque ses taux de scolarisation dans le primaire (118%) et dans le secondaire (58%, le plus faible de sa catégorie) montrent une perte de vitesse et l’existence de certaines lacunes : taux de réussite au baccalauréat de 41,4%, taux d’encombrement des salles de classe 49,2 élèves par classe. Ce taux de scolarisation universitaire impressionnant n’est donc pas le fruit de son travail en amont mais de l’attraction de ses structures universitaires.
Dernière du classement des villes moyennes, la ville de Larache possède des statistiques bien trop faibles. On remarque ainsi des taux de scolarisation fortement décroissants (104% dans le primaire, 50% dans le secondaire et 49% dans le supérieur) et un taux d’encombrement des salles de classe élevé de 49,8.

64% de réussite au Bac à Dakhla !

Dans la catégorie des petites villes, on remarque que ces dernières ne sont pas à la hauteur des grandes et moyennes villes en matière d’éducation. De nombreux efforts sont donc à promouvoir dans ce secteur afin d’offrir une chance égale à chacun. Une distinction spéciale est cependant nécessaire pour la ville de Dakhla qui connaît le taux de réussite au baccalauréat le plus élevé du pays (64%). De même, ses taux de scolarisation dans le primaire (118%) et dans le secondaire (91%) en font l’une des meilleures du Royaume, toutes catégories confondues, le taux d’encombrement des salles de classe, de 32,3 élèves par classe (2ème du Maroc), n’y étant sans doute pas étranger. Mais encore une fois, le manque d’infrastructures universitaires et sa mauvaise répartition pèsent sur le développement de la ville avec un taux de scolarisation universitaire de 41%.
Ainsi, les villes de Mdiq et Fnideq enregistrent des taux de scolarisation à l’université parmi les plus faibles du Royaume avec respectivement 24% et 17%. De plus, le phénomène de dégression rapide du taux de scolarisation y est aussi vérifié : de 102% dans le primaire à 66% dans le secondaire.
Enfin, d’autres villes comme Sidi Slimane, Sidi Kacem ou encore Ouezzane affichent les performances les plus faibles concernant le taux de réussite au baccalauréat (moins de 40%).

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