Ecosystèmes automobiles : Questions à  Soumia Alami Ouali, DGA en charge de la PME à  la BCP

porter le taux d’intégration du secteur automobile à  80% passe également par des investissements conséquents qui s’accompagnent de besoins importants en crédits d’exploitation.

La Vie éco : Le Groupe Banque Populaire s’est engagé à accompagner le textile et l’automobile. Quels sont les besoins de financement que vous avez identifiés en termes de financement ?

Nous avons privilégié une approche axée sur l’écoute des opérateurs pour la définition d’une offre en adéquation avec leurs besoins. Pour le textile par exemple, les trois écosystèmes déjà identifiés, fast fashion, jeans et distribution, ont exprimé un grand besoin d’investissement pour transformer les entreprises et l’outil de production. Aussi, le fait de travailler avec des donneurs d’ordre étrangers occasionne des besoins de trésorerie pour pouvoir préparer les commandes.

Une autre thématique importante pour ce secteur se rapporte  au transfert d’expertise et à la pérennisation des entreprises à laquelle nous apportons des solutions de transmission sur mesure.
S’agissant de l’automobile, d’autres besoins sont identifiés tels la nécessité du développement des métiers pionniers (métiers qui participent à relever le taux d’intégration). Dans ce cas, l’accompagnement proposé par le groupe s’articule autour du conseil, du recours aux fonds d’investissements ainsi qu’aux différentes formules d’acquisition d’entreprises. L’objectif des écosystèmes automobiles de porter le taux d’intégration du secteur à 80% en 2020 passe également par des investissements conséquents qui s’accompagnent de besoins importants en crédits d’exploitation pour le tissu des entreprises sous-traitantes (entreprises de taille intermédiaire et PME).
 
Qu’offrez-vous à ces entreprises ?

Nous avons pensé à une offre complète qui intègre l’ensemble des lignes métiers pouvant apporter de la valeur dans le cadre de la construction et du développement des écosystèmes automobiles. Nous avons mis en place des produits totalement novateurs et spécifiques. A côté de cela, nous avons développé des offres innovantes pour les besoins spécifiques de ces opérateurs, telle l’avance sur crédit de TVA qui permet aux entreprises exportatrices de disposer d’avances allant jusqu’à un an de crédit de TVA en attente de remboursement. Le financement en relais sur les subventions dédiées à ces écosystèmes constituent également une réponse au besoin urgent de fonds pour entamer les investissements attendus. Les écosystèmes automobiles étant dominés par la relation de sous-traitance entre les différents acteurs, le factoring adapté à ce concept précis prend une autre dimension pour satisfaire les besoins en trésorerie.

Il s’agit d’une solution beaucoup plus simple à mettre en œuvre. La banque a en effet une visibilité totale sur des commandes précises dans un contexte précis, et peut ainsi financer sans s’exposer au sort incertain des paiements. Enfin, il est important de préciser que cette offre s’accompagne de conditions avantageuses.

Les risques sont-ils bien étudiés ?

Le cadre contractuel dans lequel nous nous sommes engagés à travailler n’exclut pas d’étudier la qualité des dossiers à financer. En revanche, on peut penser que ces opérateurs, de par leur appartenance à ces ensembles harmonieux que sont les écosystèmes, seront enclins à plus de transparence et à une meilleure gouvernance, ce qui favorisera le renforcement de leur relation avec la banque.

Envisagez-vous d’accompagner d’autres écosystèmes ?

En avril 2014, le groupe s’est engagé auprès du ministère de l’industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique à accompagner l’ensemble des écosystèmes qui se mettront en place dans le cadre du Plan d’accélération industriel. Les négociations sont déjà bien avancées avec d’autres secteurs, et nous demeurons à l’écoute pour accompagner tous les autres écosystèmes à venir.