Economie numérique : les entreprises marocaines dans le peloton de tête en Afrique

Les participants sont venus de différents pays pour partager leurs expériences et présenter leurs dernières innovations dans les systèmes de paiement. Les solutions des entreprises marocaines s’exportent bien sur le continent.

L’Afrique cherche à développer son économie numérique. La 12e édition du Forum Cartes Afrique qui s’est déroulée les 27 et 28 avril à Marrakech était une occasion pour les professionnels de l’industrie monétique de partager leurs expériences et présenter leurs dernières innovations dans les domaines du paiement électronique. Cette édition a été marquée par la programmation d’une panoplie de conférences plénières qui ont porté sur la technologie de la carte, la monétique, les moyens de paiement et les applications gouvernementale (e-gov). Des thématiques d’actualité relatives à l’émergence des fintech et au blockchain constituent la grande nouveauté de cette grand-messe.

HPS présente sa dernière innovation, un porte-monnaie électronique multicanal

Cartes Afrique est un événement BtoB consacré uniquement aux professionnels du métier de la monétique. Depuis la première édition organisée en 2006, il constitue un rendez-vous incontournable pour les spécialistes de la technologie de la carte et du paiement. D’après i-Conférence, l’organisateur, près de 600 personnes dont une quarantaine d’experts de différentes nationalités ont participé à l’édition de cette année, une forte délégation camerounaise composée de ministres et de dirigeants d’institutions financières publiques et privées a été l’invitée d’honneur. «Le forum est intéressant pour présenter les difficultés rencontrées par les entreprises et les gouvernements. Le salon permet également de découvrir les nouvelles solutions», a déclaré Libam Li Likeng, ministre des postes et de télécommunication du Cameroun.

Au-delà de la présence des géants internationaux dans l’industrie monétique, la 12e édition de Cartes Afrique a connu une forte participation des entreprises marocaines qui ont présenté leurs dernières solutions. C’est le cas pour HPS, spécialiste des systèmes de paiement électronique et partenaire officiel, qui a soutenu cet événement depuis sa création. «Aujourd’hui, l’Afrique présente un vrai challenge pour les systèmes de paiement. Nous sommes là pour soutenir le développement de cette industrie», souligne Samir Younes, directeur HPS Afrique. Le groupe a dévoilé sa solution PowerCard Wallet qui permet de gérer un porte-monnaie électronique multicanal. La solution peut être utilisée via le téléphone et des interfaces web. Cela va pousser les banques à s’ouvrir aux différents systèmes de paiement. «La solution PowerCard Wallet n’existe pas encore au Maroc. Mais elle est prête pour être déployée prochainement au Maroc et dans d’autres pays africains», révèle le patron de HPS Afrique.

Ce groupe opère dans plus de 85 pays dans les différents continents. En 2016, son chiffre d’affaires a progressé de 30,9% sur une année, à 463,6 MDH. Le gros des ventes est concentré sur le marché européen et un peu sur le marché nord-américain.

L’offre marocaine est très diversifiée

Toujours dans la digitalisation bancaire, la société B3Gtech qui emploie une vingtaine de personnes offre également à ses clients des Wallet électroniques, des applications web et SMS. La PME détient dans son portefeuille clients des grands groupes bancaires. Elle a déployé la digitalisation du système bancaire de CIH Bank.

Dataprotect est une autre société marocaine qui excelle dans la sécurité des systèmes d’information depuis 2009. Cette PME qui emploie plus de 80 personnes sécurise les cartes bancaires d’une centaine d’institutions financières au Maroc et en Afrique. «Plus de 75% de notre chiffre d’affaires est réalisé à l’international», explique Ali El Azzouzi, DG de Dataprotect. En 2016, la société a réalisé un chiffre d’affaires de 60 MDH. Elle est accréditée par MasterCard pour certifier la sécurité des cartes bancaires. Une centaine de banques lui font confiance. «Aujourd’hui nous avons l’ambition d’élargir notre champ d’intervention pour couvrir le Moyen-Orient», souligne El Azzouzi.

Dans les métiers de la sécurité de l’information, de la conformité et de la gestion des risques, LMPS Group, autre opérateur marocain, a aussi été très actif lors du forum. Cette société opère au Moyen-Orient, en Europe et en Afrique et gère la sécurité de plus de 150 clients.

Quant à Gemadec, elle accompagne les banques, les postes et les gouvernements dans leur transformation digitale. «Près de 70% de notre chiffre d’affaires provient de l’export. Le reste émane du marché domestique», explique Touhami Rabii, son PDG. Créée en 1977, la société est spécialisée dans l’édition et l’intégration de solutions informatiques (courrier hybride, dématérialisation des moyens de paiement, gestion de contenu, sécurité biométrique et éditique…). Le courrier hybride est la solution qui s’exporte bien en Afrique. Au-delà de la poste du Maroc, cette solution est opérationnelle chez la poste tunisienne, algérienne et sénégalaise. Gemadec vient de décrocher un contrat de courrier hybride au Tchad. Au Maroc, la PME a apporté une nouvelle solution au gouvernement. Il s’agit de la mise en place d’une solution e-parlement qui consiste à dématérialiser la procédure des questions-réponses des députées.