E-gov : la recette d’Algo Consulting Group

Cette société a conçu une machine pour dématérialiser les cinq procédures administratives les plus courantes au Maroc. L’invention est brevetée par l’Ompic et a déjà  remporté un prix. L’outil ne réduit pas les emplois, il requiert plusieurs postes «d’agents» pour assister et conseiller les personnes analphabètes ou ne maîtrisant pas le langage informatique.

Ne pas prendre un jour de congé pour pouvoir faire un extrait d’acte de naissance ou une déclaration de perte, voilà un luxe que peu de gens peuvent s’offrir. Pourtant, c’est le challenge que compte relever Algo Consulting Group (ALG) et son PDG Tarik Fadli. Cette entreprise a en effet réussi à développer une machine dématérialisant les 5 procédures les plus courantes au Maroc: la légalisation de signature, la copie conforme, la copie d’acte de naissance, le certificat de résidence ainsi que la déclaration de perte.

Un seul déplacement auprès du service concerné est nécessaire

«Nous avons breveté notre machine à l’Ompic fin 2013. Elle a obtenu depuis le prix Coup de cœur des trophées de l’innovation au Salon Med IT 2013», déclare M. Fadli. Chose qui a poussé l’Etat à s’intéresser de plus près à son travail : «Nous allons placer en avril prochain une borne à la commune de Fqih Bensalah (ndlr : dont le président du conseil n’est autre que le ministre de la fonction publique et de la modernisation de l’administration)». La solution concoctée par ALG est basée sur l’identification de la personne à travers la lecture automatique des informations biométriques de la carte d’identité nationale ou du passeport, mais également de la lecture de l’empreinte digitale ou rétinienne ou même, si la technologie le permet, de la reconnaissance faciale. Deux solutions sont disponibles: celle opérée par l’agent d’autorité (SDL Agent) ou celle entreprise par le citoyen (SDL Self Service).
Quant à l’outil informatique, il est composé d’un portail e-gouvernement avec une application mobile et un système de back-office totalement informatisé. En d’autres termes, le citoyen n’aura qu’à se déplacer une seule fois. Toute la procédure est faite ensuite en ligne, soit via l’application soit par le site web.
Il est aussi possible de certifier une copie de document officiel. Dans ce cas, la machine peut lire avec la reconnaissance optique de caractère et lancer des requêtes de validation au système source (l’autorité ayant délivré le document). Après coup, le système produit une copie exacte du document avec un cachet sec représentant la commune où se trouve l’automate (par voie de signature électronique). Le tout référencé par code barre 2D et code alpha numérique.

Concernant la documentation non-officielle, le système se comporte alors comme une photocopieuse qui produit une copie exacte du document avec le cachet de la commune.

Le concepteur promet un système compatible et hermétique à la fraude

Autant dire que l’initiative est on ne peut plus louable. Mais si Tarik Fadli compte bien travailler avec l’Etat (un partenariat avec le ministère de l’enseignement concernant la soumission des dossiers d’équivalence des diplômes serait même en négociation), il est en revanche sceptique quant à la politique globale de la modernisation de l’administration. «Nous sommes en train d’imiter bêtement le modèle européen, alors que nous avons des spécificités socioculturelles dont on doit tenir compte. Nous ne pouvons pas du jour au lendemain nous débarrasser du modèle administratif qui a été le nôtre pendant des siècles, comme le poste de moqaddem par exemple. Nous devons donc rattraper notre retard en adaptant la technologie dont nous disposons avec les particularités de notre administration. L’idée de cette borne a été de créer un système compatible et hermétique à la fraude», explique-t-il. Ainsi, M. Fadli propose même la création de plusieurs postes «d’agents» pour assister et conseiller les personnes analphabètes ou ne maîtrisant pas le langage informatique dans l’utilisation des bornes.