Dopés par l’urbanisation, les ascenseurs se vendent bien : 2 500 unités installées en 2009

Immeubles d’habitation, tours de bureaux, sièges d’entreprises et projets touristiques, plusieurs créneaux permettent de maintenir la demande
La croissance du parc permet au créneau de la maintenance de contribuer significativement à  l’activité.

Le secteur des ascenseurs n’a pas trop pâti du ralentissement du marché immobilier, mais l’évolution diffère selon les créneaux. Ceux qui travaillent essentiellement sur le résidentiel ont constaté une petite baisse allant de 10 à 15% sur leur chiffre d’affaires, alors que les professionnels qui sont davantage tournés vers les projets touristiques ou les ascenseurs pour bureaux ont vu leur activité se maintenir.
De manière générale, équipementiers et distributeurs d’ascenseurs semblent moins accuser le coup que les distributeurs de matériaux, par exemple. «Nous sommes certes à des niveaux de croissance moins importants que les dernières années, mais il s’agit plutôt d’un retour à la normale puisque nous avions enregistré des hausses de plus de 100% de l’activité entre 2006 et 2008. De plus, les besoins du marché marocain avec ses grands projets immobiliers et touristiques promettent encore de beaux jours pour le secteur», se réjouit Jorge Ramos, directeur de Otis Maroc. Il fait remarquer que si le chiffre d’affaires des nouvelles installations est en légère baisse, le marché de l’entretien est en revanche en plein boom. «En 2007, la vente d’appareils neufs représentait 60% de notre chiffre d’affaires. Cette partie a augmenté pour atteindre les 75% en 2008 mais elle a baissé au profit de l’entretien qui représentera, à la fin de l’année 2009, plus de 35 %», explique-t-il. En 2009, Otis Maroc a installé près de 700 nouveaux appareils et table sur un chiffre d’affaires de plus de 300 MDH. Le secteur en a installé ces dernières années environ 2 500 par an et entend réaliser un chiffre d’affaires total d’environ 1 milliard de DH au titre de l’exercice écoulé.

Encore beaucoup à faire en matière d’entretien

Abdelhamid Souiri, directeur commercial chez Schindler, confirme que le marché ne souffre pas du ralentissement qui a affecté le secteur de l’immobilier. «La multitude des segments que l’on peut toucher nous préserve des effets de la crise immobilière. Nous installons des ascenseurs dans les logements de moyen et de haut standing, dans les hôtels, les tours de bureaux et les grands magasins de distribution», fait-il remarquer. Il est vrai qu’avec le développement de l’urbanisation et la mutation de nombreux quartiers de zones villas en zones immeubles, le potentiel est significatif, sachant que le parc actuel, selon les estimations des professionnels, ne compte que 20 000 unités. Schindler, qui revendique près de 28% de parts d’un marché qui compte une cinquantaine d’opérateurs (8 d’entre eux représentent des marques mondiales), voit également le service après-vente, l’entretien en particulier, se développer plus rapidement que les nouvelles installations. Mais il y a encore beaucoup à faire. En effet, «malgré un bon développement durant ces dernières années, l’entretien reste le parent pauvre de l’activité des ascensoristes. 70% de chiffre d’affaires de notre société est réalisé sur les ventes d’ascenseurs alors que l’entretien n’en représente que 30%», poursuit M.Souiri.

La loi n’est pas appliquée avec rigueur

D’ailleurs, toutes les grandes marques stigmatisent le manque d’entretien des ascenseurs surtout dans les immeubles en copropriété. «Rares sont ceux qui sont bien entretenus par des professionnels. Le problème se pose surtout pour les immeubles en copropriété où le syndic des copropriétaires préfère attendre la panne pour contacter la compagnie», souligne un ascensoriste à Casablanca.
La question de la sécurité est évoquée par plusieurs professionnels du secteur qui regrettent l’absence de contrôle efficace de ces installations. Et, une fois n’est pas coutume, ce n’est pas faute de loi puisqu’il existe tout un arsenal législatif réglementant le secteur des ascenseurs. Il est notamment composé d’un dahir (6 novembre 1943), d’arrêtés ministériels et de textes normatifs qui s’inspirent fortement des normes françaises et européennes. On peut citer la norme 10.8.001 qui revêt un caractère obligatoire et définit, entre autres les règles de construction et d’installation, la gaine, les mesures de sécurité d’ordre général, les parois, la résistance au feu, la résistance mécanique ou la protection en cas de chute des organes suspendus.
Plusieurs professionnels soulignent le manque de rigueur dans l’application de ces normes par les autorités locales qui délivrent les permis de construire ou d’habiter. «Ils pourraient exiger l’intervention d’un bureau de contrôle pour la vérification des installations dites de sécurité que sont les câblages électriques, les ascenseurs et les équipements à pression», insistent-ils. Selon la réglementation en vigueur, l’ascenseur est obligatoire dans tout immeuble de plus de 4 étages, mais les professionnels du secteur militent pour baisser ce chiffre à trois.