Distral Maroc, le distributeur des peintures AkzoNobel, bientôt en difficulté financière ?

Son commissaire aux comptes lui reproche un niveau de stocks excessif, des dettes fournisseurs croissantes et des difficultés à  recouvrer les créances clients. Il sonne également l’alarme par rapport à  la masse salariale élevée de la société.

Distral Maroc, société créée en 1997 pour distribuer les produits de la gamme AkzoNobel (Astral, Dyna Coat, Sikkens…) passe par des moments difficiles. Son commissaire aux comptes vient en effet d’attirer l’attention du management sur plusieurs situations porteuses de risques qui pourraient perturber le déroulement normal de l’activité de la société.

De sources bien informées, Distral Maroc souffre d’un niveau de stocks excessif et de dettes fournisseurs croissantes, le tout couplé à des difficultés dans le recouvrement des créances clients. Le dernier inventaire effectué fin août fait état d’un stock de marchandises dont la valeur dépasse les 68 MDH, alors qu’il est censé ne pas dépasser les 30 MDH, selon les recommandations du commissaire aux comptes. Cette situation peut mettre la société face à une cessation de paiement à moyen terme.

Autre problème soulevé, le niveau de ses charges opérationnelles. En effet, le seuil de rentabilité de la société a sensiblement augmenté, et notamment sa masse salariale, à un moment où son chiffre d’affaires ne cesse de baisser par rapport aux prévisions. Selon nos informations, la masse salariale en 2011 accaparait 60% de la valeur ajoutée créée par la société, d’où un risque structurel de perte si la tendance de l’activité et des charges se maintient.

Contacté par La Vie éco, le management de Distral Maroc assure que la société ne souffre actuellement d’aucune difficulté d’ordre financier ou opérationnel. Par rapport au niveau excessif des stocks, on reconnaît toutefois que Distral Maroc avait quelques soucis d’ordre commercial en raison du système des jetons pratiqué dans le secteur. «Jusqu’au mois de mars de cette année, notre produit phare, Astral, était le seul à ne pas offrir aux peintres, qui sont nos clients finaux, des jetons bonus (50 DH, 100 DH…) dans les bidons de peinture, alors que tous nos concurrents s’adonnaient à cette pratique, ce qui nous détournait notre clientèle. Mais depuis le mois de mars, notre fournisseur AkzoNobel a adopté le système et les ventes ont fini par redécoller», explique le directeur commercial de Distral. Il ajoute : «Au cours du premier semestre, nos ventes dépassent celles de tout l’exercice 2011».

Est-ce à dire que les problèmes soulevés par le commissaire aux comptes de la société n’ont plus lieu d’inquiéter ? Pas sûr, car outre les contraintes concurrentielles, la conjoncture sectorielle est de plus en plus difficile en raison du ralentissement que connaît le secteur du bâtiment, une situation qu’une entreprise à la structure bilancielle et de coût pas très solide pourrait avoir du mal à surmonter.

Précision
Distral Maroc réagit