Digitaliser les territoires pour renforcer leur autonomie

• La stratégie du territoire casablancais commence à porter ses fruits.
• La transformation digitale des territoires est une aubaine pour les start-up.

Plus que jamais, la digitalisation des territoires représente un véritable enjeu pour les collectivités locales. En capitalisant sur cette connaissance des besoins locaux et cette proximité naturelle avec les populations, les administrations ont la légitimité de mieux outiller les territoires en dispositifs d’inclusion numérique adaptés.
Au Maroc, «plusieurs territoires travaillent sur la digitalisation de leur organisation et à la mise en place de services publics innovants en misant sur la proximité, la qualité de service et la rapidité de traitement des doléances», affirme Driss Essaouabi, directeur général délégué de l’Agence d’urbanisation et de développement d’Anfa (AUDA).
Il faut dire que depuis quelques années, le Royaume œuvre pour constituer un écosystème à même de traduire opérationnellement les ambitions nationales. Entre autres initiatives, celles du ministère de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire qui établit des partenariats solides dans le cadre de sa stratégie d’intelligence des territoires conformément au programme Maroc Digital 2025. Ou encore la volonté du ministère de l’intérieur de structurer un service d’aménagement numérique en collaboration avec l’ANRT qui vise l’ouverture des marchés au secteur privé pour déployer des technologies avancées. Beaucoup d’efforts ont été également fournis dans le processus de modernisation des infrastructures télécoms. Le territoire de l’éco-cité Zénata dispose d’une feuille de route Smart City qui s’inscrit dans une démarche de transformation digitale au service des territoires. Pour ne citer que ces exemples : L’utilisation de drones par la société d’aménagement de Zénata pour la surveillance du territoire, la valorisation des terrains, etc, ou encore le développement par la CGI de e-showrooms pour faire des visites à 360° de biens en 3D». Toujours dans le cas de Zénata, le territoire qui accueillera 300 000 habitants à terme a expérimenté un large réseau public IOT axé sur LoRa (une technologie à bas débit, de longue portée et à faible coût de communication) dans le cadre du programme d’Open Innovation Smart Z (fruit d’un partenariat public-privé entre la société de gestion de Zénata, le Technopark, la CCG, IBM, SAZ et Happy Ventures). Ce qui permettra de créer une communauté d’innovation territoriale et d’optimiser les systèmes urbains, pour offrir un meilleur service aux futurs occupants de ce territoire qui se veut connecté, intelligent et socialement responsable.
En attendant que la digitalisation opère de manière homogène sur le territoire marocain dans son ensemble, la stratégie du territoire casablancais semble se concrétiser doucement mais sûrement. La ville s’est équipée d’une plateforme OpenData dans le cadre du schéma directeur de transformation digitale pour répondre aux défis de l’urbanisation galopante aux conséquences multiformes. En clair, la gestion municipale se réforme sur plusieurs aspects. La combinaison des transports et de la vidéo-protection interopérable et multi-servicielle, est la solution retenue pour fluidifier le trafic urbain et lutter contre l’insécurité. Afin de commander pertinemment les équipements et profiter pleinement de leurs potentialités, un poste de supervision est également déployé au niveau du territoire métropolitain.
Devant cet intérêt grandissant pour les solutions digitales au service d’une gestion urbaine intelligente, les besoins des territoires sont désormais un véritable marché pour les start-up. C’est le constat formulé par Lamiae Benmakhlouf, Directrice générale de MITC, lors de son intervention au webinaire organisé par l’Institut CDG autour de l’importance du digital pour l’émergence de territoires intelligents. «La transformation digitale constitue une aubaine pour les start-up. Celles-ci développent des technologies et solutions disruptives et innovantes qui répondent aux besoins émanant des territoires relatifs à l’amélioration de la gestion urbaine», confie-t-elle.
D’où l’intérêt, selon elle, de repenser la planification urbaine, en se basant sur l’intelligence collective pour construire une stratégie de transformation territoriale qui va lier et créer une synergie entre les institutions publiques, le secteur privé et les universités à travers leurs centres de recherche, afin de répondre aux attentes d’un citoyen marocain de plus en plus connecté.


Des solutions intelligentes pour faciliter le quotidien

Les intervenants du webinaire, organisé récemment par l’Institut CDG, ont abordé différents types de solutions intelligentes, des réflexes smart, économiques et qui faciliteront le quotidien. Exemple de l’éclairage public où le LED devrait être généralisé, puisqu’il permet d’éclairer plus en consommant moins, d’automatiser l’allumage et l’extinction de l’éclairage, d’analyser la consommation et d’identifier les défauts et pannes. Pour l’arrosage des espaces verts, l’idée est de rendre l’arrosage plus intelligent en fonction de la pluviométrie, de la température ambiante ou des besoins des plantes, par la mise en place de capteurs numériques, qui identifient en parallèle les fuites et l’analyse de la consommation énergétique.