Développement : La Commune urbaine d’Agadir met en place un budget citoyen

Une première du genre ! Une démarche qui consiste à réaliser en concertation avec les citoyens des projets dans les quartiers sous-équipés. Une enveloppe de 15 millions de DH prélevée sur le solde budgétaire réel 2021 sera allouée à cet effet.

La Commune urbaine d’Agadir se veut plus à l’écoute des désidératas des habitants de la ville. Dans une démarche de proximité et participative, la collectivité innove en mettant en place un budget citoyen pour la réalisation de projets dans les quartiers sous-équipés, et ce, en concertation avec les habitants de ces quartiers. Ce sont ainsi quinze millions de DH qui vont être prélevés sur le solde budgétaire réel 2021 pour être affectés à ces futurs chantiers. Auparavant, un sondage auprès de la société civile dans des quartiers concernés sera réalisé pour l’identification des projets. La démarche est novatrice et première du genre au sein d’une collectivité locale. Les années à venir le budget citoyen devrait être plus important, a souligné le président de la Commune urbaine, Aziz Akhannouch, lors d’une réunion du Conseil communal.

En attendant, la collectivité urbaine étudie la programmation du solde budgétaire réel de l’exercice 2021. Les élus continuent aussi à travailler sur le dossier de recours à l’emprunt obligataire. L’appel d’offres pour le choix de la banque d’affaires qui devrait accompagner la collectivité pour la levée de fonds est arrivé à échéance jeudi 30 mars. L’établissement bancaire qui sera retenu devra notamment réaliser les opérations de dues diligence, c’est-à-dire les audits et études préalables pour la mise en place de l’emprunt obligataire. Le tout devrait nécessiter environ trois mois pour arriver à la levée de fonds sur le marché, indique un élu. Le montage définitif de l’opération devrait être validé lors d’une prochaine session du Conseil communal.

Pour rappel, lors de la session de février dernier, les élus ont voté à la quasi-unanimité en faveur de la solution du recours à un emprunt obligataire oscillant entre 800 MDH et 1MMDH. Ce projet est d’importance pour renforcer les ressources financières de la collectivité. Soulignons dans ce contexte, que la collectivité locale dispose d’une enveloppe globale de recettes de fonctionnement de plus de 550 MDH, soit une hausse de 8,51% par rapport à l’exercice précédent. Dans ce budget, un montant de 408 millions de DH est alloué aux dépenses de fonctionnement. Le solde budgétaire prévisionnel est ainsi de 142 millions de DH, soit un accroissement de 33% par rapport à 2021. Une partie de cette enveloppe devrait servir à couvrir l’échéance 2022 du prêt FEC, soit une dette de 66 MDH. Soulignons que la Commune aura besoin d’une enveloppe globale de 1,09 milliard de DH pour couvrir les besoins du Programme de développement urbain et ses arriérés 2020 et 2021 ainsi que ses échéances 2022. Précisons à ce sujet que les arriérés 2020 et 2021 du PDU non encore réglés s’élèvent respectivement à 77 millions de DH et 425 millions de DH.

A l’échéance 2024, la contribution de la Commune urbaine d’Agadir à la concrétisation du PDU est établie à 1,6 milliard de DH, alors que la capacité d’endettement de la Commune urbaine auprès du FEC n’est que de 400 MDH. Ce qui rend nécessaire la mobilisation d’autres sources de financement, tels que l’emprunt obligataire. La flexibilité de l’emprunt obligataire, comparativement aux lourdeurs administratives bien connues des démarches relatives aux prêts auprès du FEC, sont un des avantages du recours à cette solution. Il y a aussi le taux d’intérêt de l’emprunt obligataire qui est autour de 3,5%, alors que le taux d’intérêt d’un crédit auprès du FEC est de 5,3%, soit une différence de 2 points.

Il faut rappeler que le décret du 2-22-33 du 21 janvier 2022 a complété et modifié le décret 2-17-296 du 9 juin fixant les règles régissant les opérations d’emprunts contractés par la Commune. Par ces dispositions, les collectivités peuvent dorénavant se financer auprès des établissements de crédits et à travers les émissions obligataires, ainsi que par le biais de la titrisation. Le précédent décret limitant les communes à recourir aux établissements de crédit nationaux et internationaux pour le financement de prêts.

Outre tenir ses engagements en matière de financement du PDU, la Commune urbaine d’Agadir pourra grâce à ce nouveau modèle de financement exécuter son plan d’action communal (PAC). A ce niveau, notons que le Conseil prévoit la mise en œuvre d’un programme d’investissement de plus de 100 MDH par an, à partir de 2023, pour l’exécution du PAC.

Indices de performances

En attendant, la collectivité continue à améliorer ses performances en matière de gouvernance. Pour rappel, la ville a abrité la semaine dernière une rencontre de communication sur le Programme de l’amélioration de la performance des communes (PAPC). Dans ce programme, la Commune urbaine d’Agadir se distingue parmi 103 communes participantes. Pour rappel le PAPC est un chantier important lancé par le ministère de l’Intérieur en 2019, en partenariat avec le ministère de l’économie et des finances, la Banque mondiale et l’Agence française de développement pour une durée de 5 ans (2020-2024). Il concerne des aspects portant sur le développement d’un système d’évaluation et de stimulation des performances des communes. Il s’agit aussi du renforcement des capacités des communes par des programmes de formation, d’assistance technique et des systèmes d’information. Le programme consacre par ailleurs la bonne gouvernance au niveau des communes et l’amélioration des services aux citoyens, à travers le renforcement des capacités des ressources humaines à gérer les projets, l’administration financière, la transparence et l’efficience.

Les efforts engagés et les performances atteintes par la Commune urbaine d’Agadir a permis de décrocher en 2020 une subvention de 457MDH qui a permis le renforcement des équipements informatiques de la collectivité. En 2021, les indices de performance enregistrés par la Commune urbaine d’Agadir ont abouti à l’obtention d’une nouvelle subvention de 27 MDH qui est aujourd’hui dédiée au renforcement des infrastructures dans la ville. Pour les élus comme pour les fonctionnaires de la collectivité la démarche est fort motivante et fait appel à un effort continu pour le maintien de la collectivité dans le haut du classement de ce programme. Un challenge qui met en jeu bien plus qu’une subvention. C’est aussi l’image de toute une collectivité qui doit être en perpétuelle mise à niveau pour être en phase avec son environnement et les besoins de ses citoyens.