Des produits fabriqués par des détenus vendus à  Marjane et Acima

Ustensiles de cuisine, broderie, babouches, sandales…, 23 filières artisanales concernées
Initiative encouragée par la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus.

Bonne initiative que celle des responsables de Marjane et Acima de commercialiser, sans aucune contrepartie ni commission, des produits d’artisanat fabriqués par les détenus dans des établissements pénitentiaires.
L’opération, qui a démarré le 8 juin, va se poursuivre jusqu’à la fin juillet 2006. Mais ce n’est là qu’une première opération, précise une source auprès de Marjane. Cette action qui se veut «citoyenne» est menée dans dix magasins de ces deux enseignes à Casablanca, Rabat, Marrakech, Tanger, Fès et El-Jadida, en collaboration avec la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus, qui s’investit de plus en plus dans la formation professionnelle en finançant des centres de formation à l’intérieur des établissements pénitentiaires.

3 000 détenus bénéficient de l’opération
A ce jour, la fondation a construit deux centres, le premier à Oukacha et le second à Salé. Elle en a en outre aménagé une dizaine d’autres à travers le pays, dont trois pour femmes détenues à Ouarzazate, Settat et Taroudant. Dans ces centres sont dispensées des formations pour la fabrication de produits artisanaux, grâce notamment à l’implication de l’OFPPT (Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail). Ces formations vont de la menuiserie à la fabrication d’ustensiles de cuisine, en passant par la broderie ou encore la confection de babouches ou de sandales. La liste n’est pas exhaustive car 23 filières artisanales sont concernées.
En tout, ce sont quelque 3 000 personnes qui sont touchées par ces actions. Quant à la commercialisation des produits fabriqués par les détenus, son objectif est double, explique Azzedine Belmahi de la Fondation Mohammed VI. D’une part, il s’agit de sensibiliser le grand public au travail des détenus et de valoriser ce travail à ses yeux. L’autre objectif est de permettre à l’administration pénitentiaire de collecter des fonds pour poursuivre sa politique de formation.

Les prix sont directement fixés par les détenus
Les détenus ne sont bien sûr pas oubliés dans l’affaire puisqu’ils sont aussi rémunérés selon la réglementation en vigueur dans les établissements pénitentiaires au Maroc. Une source au sein de cette administration explique que le produit de ces ventes va en partie à l’achat des matières premières. Des associations sont d’ailleurs constituées à l’intérieur des prisons pour s’occuper de cet approvisionnement.
Le reliquat revient à l’artisan. Toutefois, on ne lui en remet que la moitié afin qu’il puisse subvenir à ses besoins, c’est-à-dire améliorer son quotidien. L’autre moitié lui sera versée à sa sortie pour qu’il soit en mesure de repartir du bon pied et se réinsérer dans la vie normale.
A signaler que ce sont les détenus eux-mêmes qui fixent la valeur marchande des produits qu’ils fabriquent n