Décharge de Casablanca : les pluies amplifient le risque de pollution

Les dernières pluies ont révélé le danger en cas d’inondation à  cause des lixiviats. L’acquisition du terrain pour la future décharge contrôlée est toujours en cours.

On ne compte plus les dangers que représente la décharge sauvage de Casablanca. Aux risques d’éboulement que provoque le trop-plein de la décharge (elle déborde de 20 mètres sur 30% de sa surface) s’ajoute aujourd’hui le risque d’inondation. En effet, c’est lors des dernières fortes pluies que ce risque s’est révélé important. Situé à proximité de la décharge, le douar Lahlaibia s’est retrouvé inondé du fait de sa position géographique et topographique. Non liée à la décharge elle-même, l’inondation du douar a néanmoins été aggravée par la présence de lixiviats, issus de la décharge sauvage et d’une autre petite décharge créée juste à côté de la première. Résultat, c’est une eau boueuse et mal odorante qui s’est écoulée vers le douar avoisinant. Mécontente, la population a d’ailleurs momentanément bloqué l’accès à la décharge sans que le fonctionnement de celle-ci n’en soit pour autant entravé. Les autorités sont en effet rapidement intervenues. Pour éviter que cela ne se reproduise, Ecomed, l’opérateur chargé de réhabiliter la décharge sauvage et de gérer la future décharge contrôlée a construit une digue en terre d’un peu plus de 4 mètres de haut, renforcée par des déchets de gravats acheminés vers la décharge. «Si elle peut s’avérer utile en cas de pluies ‘‘normales’’, cette digue aura néanmoins du mal à supporter des pluies orageuses», d’après une source proche du dossier.

Les études relatives aux possibilités de recycler bientôt finalisées

Le risque reste donc entier. A noter que les 50 hectares de l’actuelle décharge sauvage ont pour l’instant été réhabilités à hauteur de 60%.
En attendant, l’acquisition du terrain pour accueillir la future décharge contrôlée, jouxtant l’actuelle décharge sauvage, poursuit son cours. «Le terrain en question est en cours d’acquisition par la Commune de Casablanca. Il n’y a pas de blocage mais, comme pour toute acquisition de terrain, la procédure est relativement longue pour sauvegarder les intérêts légitimes des parties concernées», révèle Houda Chichaoui, chef de la division de la gestion des déchets solides de la Commune de Casablanca. Pour ce qui est du projet de centre de tri sur le site même de la décharge, les études sont en cours. «Le projet est en cours d’étude et nous comptons sur une participation financière de la part du ministère délégué chargé de l’environnement. En parallèle, la commune a lancé un projet d’étude d’intégration des chiffonniers et des récupérateurs se trouvant à l’intérieur de la décharge. Là aussi, l’assistance financière du ministère délégué est sollicitée. Les études relatives à ces deux initiatives seront finalisées dans les mois qui viennent», confie Mme Chichaoui.