Début de panique chez les hôteliers

Après une hausse continue pendant les quatre premiers mois de l’année, les nuitées ont fléchi en mai

Compte tenu de la baisse des prix du transport, les touristes ont
de plus en plus tendance à organiser leur voyage par internet.

L’inquiétude a gagné Marrakech, première destination touristique du Maroc, dont les professionnels disaient, il y a peu, qu’elle n’était plus soumise à la loi de la saisonnalité. Il a suffi que les nuitées enregistrées en mai marquent une baisse après une croissance à deux chiffres entre janvier et avril pour que le doute s’installe.

L’inquiétude est nourrie par la conjoncture dans les pays émetteurs, notamment la France, où une crise sérieuse s’est installée chez les TO classiques (Fram, Nouvelles Frontières, etc.). Ceux-là mêmes qui vendent la destination Maroc en packaging. Or, l’industrie du tourisme a changé, et vendre des packages (avion, hébergement et activités annexes) ne permet plus de gagner de l’argent sur toute la chaîne. Deux causes sont mises en évidence : la vente sur internet et l’explosion de l’aérien low cost. Les touristes français, et autres, confectionnent de plus en plus leurs voyages en surfant sur la toile : avant même de bouger, ils réservent leur chambre d’hôtel, dessinent leur itinéraire, décident de louer une voiture sur place et connaissent, grâce aux guides, les endroits les plus sympathiques pour se restaurer au moindre coût. Et c’est justement ce phénomène qui est en train de se produire aujourd’hui à Marrakech, et demain dans d’autres destinations comme Agadir ou Fès.

L’ONMT invite les professionnels à s’adapter
En effet, avec l’avion à bon marché vers Marrakech, et surtout moins cher que vers Casablanca, beaucoup de touristes qui descendent à l’aéroport de cette ville n’y restent plus, ou peu, et prennent la route pour Essaouira, Ouarzazate ou même Casablanca. D’autres qui y séjournent échappent à l’hôtellerie classique au profit des riads ou maison d’hôtes dont certains ne sont même pas déclarés. «Ce phénomène fausse tous nos calculs, car nous achetons nos sièges d’avions et nos allottements sur l’année, et le moindre retour de conjoncture peut nous être fatal», explique un voyagiste marocain installé en France.

Pour y voir plus clair, les professionnels ont provoqué une réunion entre le Conseil régional du tourisme (CRT) et Abbas Azzouzi, directeur de l’Office national marocain du tourisme (ONMT) qui s’est déplacé à Marrakech accompagné des délégués de l’office dans certains pays émetteurs. Lors de cette réunion qui a eu lieu lundi 25 juin, il fut question des «vols secs», des modes d’hébergement, des réservations tardives et de la baisse notable sur les créneaux des congrès et de l’incentive. Tout en se voulant rassurant, car d’après lui, malgré le recul des voyages vers les destinations du pourtour méditerranéen, le Maroc reste en tête des destinations en termes de packages, M. Azzouzi a incité les professionnels à s’adapter, en prospectant d’autres niches comme les séjours thématiques ou sportifs et d’une manière générale à utiliser l’internet, en y proposant des produits adaptés, sans oublier de demander aux professionnels de cesser de pointer du doigt l’office à chaque fois qu’il y a un problème.