Dans les couloirs du Sial à  Paris : 72 exposants marocains et une superficie de 1 350 m2

72 entreprises sont représentées à  cette édition qui a regroupé 150 000 visiteurs professionnels et 5 500 exposants.
Le coût de la participation marocaine est de 18 MDH, dont les deux tiers pris en charge par Maroc Export et le tiers par les exposants.
De nombreuses petites entreprises satisfaites de leur première participation.

Le Maroc a mis les bouchées doubles pour donner du poids à sa participation à l’édition de 2010 du Salon international de l’alimentaire de Paris (SIAL), le premier salon mondial du genre et rendez-vous de référence. Ce sont 72 entreprises qui se sont déplacées à Paris entre le 17 et le 21 octobre 2010 (12 de plus que pour la dernière édition de ce salon biennal) pour occuper les 1 350 m2 sous la férule de Maroc Export, bras armé du ministère du commerce extérieur pour l’encouragement des exportations marocaines. Abdellatif Maâzouz, ministre du commerce extérieur, a fait le déplacement et, lors d’une rencontre avec la presse nationale, il a réaffirmé les efforts consentis pour accompagner le secteur de l’agro-industrie dans sa percée des marchés mondiaux. Pour lui, il est clair que les entreprises présentes ne sont pas venues faire de la figuration dans le premier salon mondial de l’agro-industrie. Saâd Benabdellah, DG de Maroc Export, parle, quant à lui, d’un investissement global de 18 MDH pour assurer une bonne représentativité du Maroc à cette édition (le Maroc a été présent une bonne dizaine de fois dans ce salon qui existe depuis 1964). Dans cette enveloppe, 6 MDH est à la charge des exposants.

Présence timide des produits du terroir

Le ministre du commerce extérieur a longtemps insisté sur le fait que la question n’est pas de réaliser des ventes lors d’une édition d’un salon aussi important soit-il, mais bien de s’inscrire dans une logique de la stratégie d’ouvrir de nouvelles portes et d’en conforter celles déjà existantes dans un lieu où pas loin de 150 000 visiteurs (le salon est réservé aux professionnels) et 5 500 exposants de quelque 185 pays se donnent rendez-vous. A une question de La Vie éco sur la présence quelque peu timide des «produits du terroir», Abdellatif Maâzouz explique que le volume de ces articles est en train de prendre forme et l’idée d’en faire le fer de lance ne s’est pas imposée au moment de l’organisation de la participation à cette édition. Il ne faut pas oublier, comme le rappellent les chiffres de Maroc Export, que l’agro-alimentaire et la pêche contribuent au PIB à hauteur de 16% et représentent 20% des exportations du pays. L’idée est donc de conforter les acquis (le Maroc est 2e exportateur mondial de citron, de clémentines et 6e pour ce qui est des oranges) mais aussi de chercher des débouchés compte tenu des augmentations des volumes attendues avec la mise en œuvre du Plan Maroc Vert.
Les témoignages de plusieurs exposants montrent combien le pays gagne à se pointer avec régularité aux salons majeurs. Jamal Benhassain, patron de Tajini qui vient de lancer des sauces pour tagines prêtes à l’emploi, en est à son premier salon du genre. Mais cela n’a pas empêché les organisateurs de lui décerner «le prix de la saveur».
Il a commencé à travailler sur l’Europe dès le début et reconnaît que ces produits ne sont pas encore en vente dans la grande distribution du Maroc, alors qu’on y trouve, en conserve, le cassoulet français ou les pâtes italiennes ou encore d’autres produits congelés.
Et il n’est pas le seul rencontré dans cette édition du Sial à ne travailler que pour l’export. Nabil Bennouna, un des dirigeants de Saimaco, un groupe installé à Fès dont une partie de l’activité est dans l’olive, les câpres, les abricots et les truffes, reconnaît aussi que le plus gros des ventes se fait à l’étranger. Hamid Barda, gérant de Bled conserves, lui, destine les olives qu’il cultive au Maroc entièrement à l’export. Et comme le volume de ses ventes est en plein essor, il commercialise sous son label et son emballage la production de beaucoup d’autres exploitants à travers le pays. Un responsable de Maroc Export confirme ce phénomène et l’explique par le fait que l’essentiel est d’abord de trouver des marchés. Une fois l’activité, la marque ou le label installés, ces entrepreneurs, s’ils voient une forte demande à l’intérieur, n’auront aucun mal à se positionner sur la petite ou dans la grande distribution.

Coopératives et petites associations tâtent le terrain

Bien évidemment, il y a des exemples de démarches inverses. Mohamed Khalil, patron de Couspâtes, a, quant à lui, commencé par le marché intérieur, mais il arrive à exporter ses pâtes en Europe (même en Italie), tout comme il a fait de petites percées au Japon.
Le représentant de la société Cibel (conserves de sardines, maquereaux et thon, huile et farine de poisson), Youssef El Abaissi, explique qu’il suit sans réserve la clientèle étrangère qui désire «apposer sa propre marque» sur les  produits de son entreprise. En d’autres termes, il fabrique aussi pour leur compte comme le font d’ailleurs beaucoup d’industriels.
Cette édition du Sial semble marquer un mûrissement de la démarche de l’entreprise de l’agro-industrie à l’export.
En effet, si majoritairement les entreprises qui y sont représentées sont des privés qui ont une clientèle attirée et avec qui elles renégocient ses contrats ou ses volumes, nombreux sont les nouveaux venus qui ont participé pour la première fois et qui, apparemment, y trouvent pleinement leurs comptes. Cela va de la petite unité encore à ses débuts aux associations naissantes comme la coopérative Souktana de Safran ou Timitar Ouargane (une association de femmes artisanes d’Agadir) spécialisée dans l’huile d’argan alimentaire et cosmétique, huile d’amande, figue de barbarie… aux associations connues comme la Fenip (Fédération nationale des industries de transformation et de valorisation des produits de la pêche) ou encore la Fédération des industries de la conserve des produits agricoles du Maroc (Ficopam) en passant par les grands groupes privés.