Dans 10 ans, 42% de l’électricité produite au Maroc proviendra d’énergies renouvelables

Après son plan solaire, le Maroc lance un plan éolien.
Cinq sites qui devront totaliser une puissance installée de 1 000 MW s’ajouteront à  ceux déjà  actifs ou en cours de construction.
Les appels d’offres seront lancés en juin 2011.

Et de deux ! A peine 8 mois après avoir annoncé le lancement d’un méga plan solaire (cf. www.lavieeco.com), le Maroc annonce le lancement d’un plan éolien, tout aussi ambitieux. Un projet concrétisé par l’inauguration, lundi 28 juin, de Dhar Saadane ou Tanger I, le plus grand parc éolien d’Afrique. D’une capacité de 140 MW, ce dernier a nécessité un investissement global de 2,75 milliards de DH, en partie financé par la Banque européenne d’investissement (BEI), ICO, un organisme public espagnol de crédit, et la KFW, l’organisme allemand de coopération internationale. Et c’est à l’occasion de ce démarrage qu’a été présenté le programme marocain intégré de l’énergie éolienne. Celui-ci prévoit, pour un investissement total de 31,5 milliards de DH (3,5 milliards de dollars), la construction de cinq nouveaux parcs éoliens, d’ici 2020. Localisés à Tanger (Tanger II), Tétouan (Koudia Al Baida II), Taza, Tiskrad, près de Laâyoune, et Boujdour, les cinq sites atteindront une puissance installée de 1 000 MW, soit 19% de la puissance électrique actuellement installée, et engendreront une production électrique de 3 305 GWh/an. Koudia Al Baida et Tiskrad auront, chacun, une puissance de 300 MW, alors que Tanger II et Taza se limiteront à 150 MW et Boujdour 100 MW.

En 2020, 2 000 MW proviendront de l’éolien

D’ici 2020, la puissance installée provenant de l’éolien devrait ainsi atteindre les 2 000 MW. En effet, le programme intégré dédié à l’éolien s’ajoute non seulement aux actuels 280 MW, installés dans les parcs d’Abdelkhalek Torrès (50 MW) et Lafarge (30 MW) à Tétouan, d’Amogdoul à Essaouira (60 MW) et de Tanger I (140 MW). Sans oublier les 720 MW en cours de développement à Tarfaya (300 MW), Akhfenir (200 MW) et Bab El Oued (50 MW) à Laâyoune, Haouma (50 MW) et Jbel Khalladi (120 MW) à Tétouan. Rappelons qu’en novembre 2009, un important plan solaire marocain, prévoyant cinq centrales thermo-solaires pour 2 000 MW d’ici 2020, a également été lancé. Ensemble, les deux plans permettront d’économiser 2,5 millions de tonnes équivalent pétrole en consommation de combustible fossile, soit 1,25 milliard de dollars de dépense annuelle. Surtout, le Maroc évitera, pour produire la même quantité d’électricité, l’émission de 9,3 millions de tonnes de CO2. Avec 4 000 MW de puissance, les deux projets nationaux s’inscrivent dans l’objectif d’atteindre les 42% d’énergies renouvelables dans le bouquet électrique national, d’ici 2020. L’hydraulique, l’éolien et le solaire devraient chacun représenter 14 % de la capacité électrique du Royaume.

Partenariat public-privé pour le financement

Le premier parc éolien concerné par ce programme de grande envergure sera mis en service en 2014. Quant à son emplacement, il sera déterminé par l’engouement du marché, précise l’ONE. Ainsi, la pré-qualification des candidats interviendra en décembre 2010 et cinq à six appels d’offres seront lancés en juin 2011.
En attendant, et à l’occasion de la présentation du plan, une convention-cadre destinée à définir les engagements de chacun a été signée par Salaheddine Mezouar, ministre de l’économie et des finances, Amina Benkhadra, ministre de l’énergie, des mines, de l’eau et de l’environnement, Ali Fassi-Fihri, DG de l’ONE, Abdelouahed Kabbaj, président du directoire du Fonds Hassan II pour le développement économique et social, et Ahmed Baroudi, DG de la Société d’investissement énergétique (SIE), créée il y a un an. Des sociétés de projet, dont le capital sera détenu par le Fonds Hassan II, la SIE, l’ONE et des partenaires stratégiques, seront créées pour chacun des sites. Ainsi, le développement du programme repose sur un partenariat public-privé, tout comme le plan solaire marocain. Et l’office, en étroite collaboration avec ses partenaires, assure le pilotage et la maîtrise du programme (conception, études, suivi de la réalisation et de l’exploitation, etc.), de même qu’il supervise et coordonne l’ensemble des activités liées au programme.