Croissance en 2017 : 4% ou 4,6% ?

Dans son Budget économique prévisionnel 2018, publié début janvier, le HCP a estimé la croissance de l’année 2017 à 4%. Quelques jours plus tard, le ministère des finances a annoncé une hausse du PIB de 4,6% pour le même exercice.

Les dernières pluies enregistrées dans le pays permettraient-elles d’améliorer, plus qu’on ne l’a prévu, le niveau de l’activité économique en 2018 ? Difficile d’y répondre à ce stade de l’exercice, s’accordent de nombreux spécialistes. La variable agricole, quoi qu’on ait spéculé sur l’autonomisation de la croissance par rapport au secteur primaire, demeure encore importante, certes, mais ce qui est décisif dans la hausse du PIB, ce sont surtout les activités non agricoles, lesquelles, pour rappel, y pèsent plus de 85%. Il se trouve que depuis quelques années, la valeur ajoutée non agricole a fortement décéléré, au point que, malgré sa part relativement modeste (entre 12% et 15%), c’est l’agriculture qui donne l’élan à la croissance économique. Et en effet, si, en 2018, la croissance est prévue à 2,6% par le HCP, c’est parce que la valeur ajoutée du secteur primaire, compte tenu à la fois du niveau des précipitations et de l’effet de base, devrait baisser, alors qu’elle a augmenté de 13,6% en 2017.

Le ministère des finances, lui, paraît légèrement plus optimiste en prévoyant pour 2018 une hausse du PIB de 3,2%. Comme d’ailleurs il a été optimiste pour 2017 en estimant la croissance de l’exercice à 4,6%, quelques jours seulement après que le HCP a, lui, annoncé un chiffre sensiblement inférieur, soit 4%. Pourtant, l’un et l’autre des deux chiffres ont pour base les résultats des comptes des trois premiers trimestres arrêtés. Ce qui a donc fait la différence, c’est l’estimation visiblement divergente de la situation au quatrième et dernier trimestre de 2017. A combien le ministère des finances a estimé la croissance au cours de ce trimestre ? On l’ignore. Le HCP, lui, a publié en janvier 2018 une notre de conjoncture où il estime le PIB du quatrième trimestre 2017 à 3,9%, porté par un accroissement de la valeur ajoutée agricole de 14,2% et celle du secteur non agricole de 2,8%. Sur cette base, la croissance économique pour 2017 ne dépasserait pas 4%. D’où vient l’écart (0,6 point) entre les deux chiffres ? Précisément d’une estimation plus optimiste que l’autre. Evidemment, l’Exécutif serait dans son rôle d’être optimiste, surtout en matière de prévision. Dans quatre mois, lorsque les comptes nationaux pour 2017 seront arrêtés, on saura alors si cet optimisme est justifié ou pas.