Crédit : jamais sans mon découvert !

Les comptes débiteurs et les crédits de trésorerie ont augmenté de 6% en 2018. Pour les particuliers, le plafond autorisé peut atteindre 80% du salaire. Le taux d’intérêt est de 12 à 13%, mais reste négociable en fonction des clients.

Eu égard aux problèmes de trésorerie, on recourt généralement aux facilités de caisse (entreprise) ou au découvert bancaire (particulier). A fin 2018, l’encours des comptes débiteurs et des crédits de trésorerie s’est élevé à 177 milliards de DH, selon Bank Al-Maghrib, en progression de 6,2% par rapport à 2017, après un recul de 3% une année auparavant. Sur les 4 premiers mois de cette année, cet encours est en hausse de 1,3%, à 180 milliards de DH. Il devrait continuer à croître au cours de l’année, pronostiquent des banquiers.

Selon des directeurs d’agences, les clients particuliers recourent toujours à ces crédits d’appoint, particulièrement pendant les fêtes religieuses, les vacances d’été, de la rentrée scolaire, ou encore lors d’une diminution importante du revenu en raison de traites liées à l’acquisition d’un bien immobilier par exemple. Les entreprises, elles, font appel aux facilités de caisse en vue de maintenir leur cycle d’exploitation, ou pour faire face à une sortie importante de fonds…

Le taux appliqué peut descendre à 10%

Reste que ces lignes de financement sont facturées très cher, entre 12 et 13% en fonction de chaque banque, sachant que le taux maximum des intérêts conventionnels fixé par BAM sur la période d’avril 2019 à mars 2020 est de 13,57%. Mais, comme tout est négociable au niveau de la banque, «le taux appliqué peut descendre à 10%, voire à 8% lorsqu’il s’agit d’un client important qui présente un profil risque faible», explique un banquier.

En dépit de cette contrainte, l’intérêt pour le découvert ne faiblit pas, vu la souplesse de la procédure et la disponibilité immédiate des fonds demandés. En réalité, presque toutes les banques ont intégré un plafond de débit dans leurs packs lors de l’ouverture d’un compte, pourvu que le client justifie de 6 mois d’activité et de 3 mois d’ancienneté de compte, avec constatation régulière de virement de salaire. Ce plafond peut aller de 50 à 80% du revenu mensuel, ou même à 100% du reste à vivre, après déduction de charges et traites fixes. On est donc loin de la capacité d’endettement de 45% réglementaire imposée pour un crédit classique.

En plus du taux d’intérêt élevé appliqué, lors du recours à ce dépassement, des commissions et des agios sont calculés trimestriellement. Ce qui constitue une rentrée d’argent non négligeable pour la banque.

En dépit du recours fréquent au découvert bancaire ou facilités de caisse, le poids dans l’encours global des crédits, tous types de clientèle confondus, est à peine de 21%. Ce poids est stable depuis plus d’une dizaine d’années. «La part des comptes débiteurs et crédits de trésorerie est toujours faible par rapport aux objectifs des groupes bancaires, surtout comparativement aux niveaux des pays à économie comparable ou de celui des pays développés qui dépasse 35%», explique un analyste financier.
Cela dit, l’encours lié aux ménages n’est que de 10% de l’encours de ces comptes de trésorerie, soit 19 milliards de DH, et 2% de l’encours global du crédit. Si l’on tient compte du nombre total des comptes ouverts au niveau du système bancaire estimé à 27,5 millions, le montant moyen d’un découvert se chiffre à près de 700DH.