Crédit bancaire : un ralentissement moins important que prévu en 2020

• L’encours a augmenté de 4,5% à 958 milliards de DH, contre une hausse de 5,3% en 2019.
• Les crédits de trésorerie et immobiliers ressortent en baisse et ceux à la consommation et à l’équipement en diminution.
• Les créances en souffrance ont explosé avec une aggravation de 14%.

L’encours du crédit bancaire a ralenti en 2020 comme prévu. Mais il termine l’année sur une note qui reste favorable, compte tenu du contexte de crise actuel. Il s’est ainsi établi à 958 milliards de DH, en augmentation de 4,5% par rapport à 2019, sachant que pendant cette dernière, il s’était amélioré de 5,3%.
Par objet économique, ce sont les crédits à la trésorerie et comptes débiteurs qui ont enregistré la plus forte hausse, de 8,8% pour un encours de 206 milliards de DH. Ce qui représente ainsi une part de 21,5% de l’encours global. Cette évolution traduit le succès qu’ont connu les produits Damane Oxygene et Damane relance garantis par l’Etat, lancés dans le cadre de la gestion de cette crise et de ses effets sur les sociétés et dont l’objectif est de renflouer les caisses des entreprises, de faire face aux charges fixes et de relancer l’activité.
Dans une moindre mesure, l’encours des crédits immobiliers s’est apprécié de 2,5% à près de 284 milliards de DH, après une augmentation annuelle de 3,5% en 2018. Cette évolution a été tirée principalement par les crédits accordés à l’acquisition de biens immobiliers. En effet, au moment où les prêts immobiliers destinés aux promoteurs ont accusé un recul de 1,8% à 58 milliards de DH, ceux octroyés aux acquéreurs ont augmenté de 3,4% à 222 milliards de DH. En fait, après le confinement, et surtout à partir de juillet de l’année dernière, le marché immobilier a montré bien des signes de redressement. La demande s’est légèrement redressée et s’est manifestée dans la plupart des villes. Plusieurs transactions ont même été conclues, portées par les besoins des clients de s’installer et rapidement dans des logements plus spacieux et qui répondent au mieux aux exigences du bon-vivre en cas de reconfinement. D’autant que les incitations fiscales sur les droits d’enregistrement notamment y sont pour beaucoup dans la dynamique qu’a connue le secteur. En face, l’évolution des prêts alloués aux promoteurs ne témoigne pas forcément d’une reprise de l’activité ou du lancement de nouveaux chantiers. Elle est expliquée, chez certains, par l’octroi de crédits à quelques bonnes signatures en vue de poursuivre leur activité et de finir leurs projets immobiliers. Il y a lieu de noter que l’encours du financement participatif à l’habitat a évolué à contre-courant du financement conventionnel. Il a en effet atteint 11,3 milliards de DH, enregistrant un rebond de 45,3% sur un an. Enfin, les crédits à la consommation et à l’équipement ont reculé de 4,2 et 3% respectivement, pour se situer à 54 et 178 milliards de DH. Ce qui reste une baisse maîtrisée au vu du contexte actuel dans lequel les sociétés ont préféré lever le pied sur leurs investissements et où les ménages ont opté pour la maîtrise des dépenses et le report de certains achats. Il faut dire aussi que les banques n’ont eu le choix que de serrer les conditions de financement, compte tenu de la hausse qu’elles avaient prévue quant à la montée des impayés. D’ailleurs, l’encours des créances en souffrance à fin 2020 s’est alourdi de 14,4% pour finir l’année sur 80 milliards de DH. La hausse est de 12% pour les entreprises et de 17,9% pour les ménages. Au final, le taux des créances en souffrance s’est donc établi à 8,4%. Il est à signaler que la résistance de l’encours global du crédit est redevable aux prêts au secteur non financier dont l’encours a augmenté de 3,9% à 816 milliards de DH, après 5,5% un an auparavant. Dans ce cadre, les sociétés non financières privées ont vu leur encours s’améliorer de 4,7% pour totaliser près de 390 milliards de DH. En revanche, l’encours des sociétés non financières publiques a accusé une légère baisse (-0,5%), se situant ainsi à 50,8 milliards de DH.