Crédit à  la consommation : la production a à  peine augmenté de 5% à  fin mars

Les sociétés de financement prévoyaient une hausse de 15% pour cette période.
Les crédits automobiles
ont évolué de 10%, tandis que les prêts non affectés ont stagné.
Le marché ne pourrait renouer avec une croissance à  deux chiffres qu’en 2010.

Le crédit à la consommation confirme sa petite forme. Après avoir enregistré une croissance de 17,5% à fin 2008, avec un encours global de 36 milliards de DH contre 30,64 milliards à fin 2007, les sociétés de financement ont enregistré une petite croissance au premier trimestre de cette année par rapport à décembre 2008.
La tendance est confirmée par l’Association professionnelle des sociétés de financement (APSF). «Nous ne disposons pas encore de tous les chiffres du secteur puisqu’il nous manque les indicateurs de deux sociétés, mais nous pouvons d’ores et déjà annoncer une croissance d’environ 5% de la production de crédits au terme des trois premiers mois de cette année par rapport à la même période de l’année dernière», apprend-on auprès de l’association. Une petite évolution comparativement aux prévisions du secteur qui tablait sur une hausse de 15% pour cette période.
Rappelons qu’au premier trimestre de l’année 2008, le secteur avait réalisé plus de 20% de croissance en termes de production. «Depuis 2006, l’activité a connu une période faste puisque nous avions frôlé les 25%. Les 5% réalisés au terme du premier trimestre constituent un simple retour à la normale», se console un professionnel du secteur.

La crise pousse les clients à la prudence
Mohamed Sbihi, directeur commercial et marketing de Salafin, estime pour sa part que la décélération s’explique d’abord par la chute des ventes de voitures durant ce premier trimestre. «Les crédits affectés à l’automobile ont évolué de 10% seulement, à fin mars, contre 20% un an auparavant. Etant donné que la branche automobile constitue près de 40% des crédits alloués, il est normal que ses résultats affectent l’évolution générale de l’activité», analyse-t-il. Les crédits non affectés ont également souffert de la crise économique puisqu’ils ont réalisé un petit 2%. «Pour ce segment, nous ne connaissons pas la destination du crédit et il est donc difficile d’expliquer cette stagnation» , souligne M.Sbihi. Le tassement de la demande «peut très bien s’expliquer par le manque de visibilité occasionné par la crise économique mondiale. Les salariés qui constituent une bonne partie de notre clientèle ont une faible visibilité sur l’avenir et préfèrent donc ne pas s’endetter», explique un autre professionnel du secteur. Le marasme du marché de l’immobilier est un autre motif invoqué. Les professionnels du financement assurent que leur activité est très liée à celle des crédits immobiliers. «Si les clients achètent moins de logements, il y aura moins de besoins pour équiper. D’ailleurs, c’est l’une des principales raisons qui expliquent la stagnation des prêts non affectés qui financent généralement le mobilier et l’électroménager» , insiste M.Sbihi. In fine, les professionnels du financement s’attendent à une croissance «normale» durant  2009. «Il est difficile de prévoir une évolution à deux chiffres avant 2010», avancent-ils.