Courtage en crédit immobilier : Meilleurtaux démarre du bon pied au Maroc

Pour sa première année d’activité, l’opérateur français a reçu plus de 320 dossiers, totalisant près de 500 MDH de demandes de financements. Les banques et plusieurs promoteurs ont joué le jeu compte tenu du contexte. Le courtier compte ouvrir en 2017 sa deuxième agence à Rabat.

Meilleurtaux Maroc boucle avec succès sa première année d’activité. Depuis le démarrage de ses opérations fin 2015, le spécialiste du courtage en crédit immobilier a reçu plus de 320 dossiers totalisant près de 500 MDH de demandes de financements. Mais seuls 40% des requêtes ont été effectivement transformées en crédits accordés par les banques. «Les chiffres sont prometteurs pour ce premier exercice même s’il a connu un arrêt momentané de la distribution de financements par les banques lors de l’entrée en vigueur de l’Offre Préalable de Crédit en avril dernier et en dépit d’un Ramadan très calme en termes de concrétisations sur le marché de l’immobilier», estime Yassine Lahlou, directeur général de Meilleurtaux Maroc. Tel que c’est parti, l’entreprise prévoit de monter cette année à 300 dossiers transformés pour parvenir en 2018 à sa vitesse de croisière avec 400 demandes concrétisées.

Si le courtier français, arrivé sur le marché national après Cafpi (dont l’implantation au Maroc remonte à 2008), a pu rapidement prendre ses repères c’est en grande partie parce que les banques ont joué le jeu. Meilleurtaux ne peut en effet agir comme intermédiaire entre les clients et les établissements qu’avec l’adhésion de ces derniers. «Les banques comprennent bien aujourd’hui que nous sommes des apporteurs d’affaires non négligeables», explique M. Lahlou. «Elles sont d’autant plus ouvertes dans l’actuel contexte de forte concurrence sur les crédits qui pousse à ne négliger aucun canal pour recruter de la clientèle», précise-t-il. En moyenne mensuelle, le courtier revendique le placement de 11 MDH de crédits immobiliers, ce qui correspondrait au volume drainé par une grande agence bancaire. Mais toutes les banques n’adhèrent pas au mouvement. Certains établissements sont encore rebutés par le coût (le courtier prélève 1% sur le montant du crédit placé et il facture autant aux particuliers). La mayonnaise ne prend pas aussi du fait des résistances culturelles de certaines banques qui veulent garder la main sur l’ensemble du processus d’octroi des crédits qu’ils accordent, rapporte le DG de Meilleurtaux.

La moyenne des crédits placés auprès des banques est de 1,6 MDH

Le courtier a pu aussi démarrer du bon pied du fait qu’il a trouvé une oreille attentive auprès des promoteurs immobiliers commercialisant des produits moyen et haut standing (l’essentiel des crédits placés va de 1 à 2,5 MDH avec une moyenne autour de 1,6 MDH). Ceux-ci signent déjà des conventions avec des banques pour faire profiter les acheteurs au sein de leurs programmes de taux avantageux. Mais cela limite les possibilités pour les acquéreurs puisque c’est l’offre d’une seule banque qui leur est proposée. «Grâce au courtage le choix est ouvert sur quasiment tout le secteur bancaire, ce qui par exemple peut dispenser le client de changer d’établissement pour profiter du taux conventionné négocié par le promoteur», avance M. Lahlou. Les promoteurs sont aussi sensibles à la rapidité de traitement que permet le passage par un courtier, ce qui est particulièrement intéressant dans un contexte d’augmentation du besoin en fonds de roulement des professionnels qui dicte une accélération du rythme de commercialisation. En effet, Meilleurtaux promet un délai de traitement des dossiers dans tous les cas moins important que le délai nécessaire dans le circuit classique.

C’est sur cet avantage que le courtier bâtit aujourd’hui son argumentaire de vente et non pas seulement -comme on pourrait le croire- sur la négociation du taux le plus bas pour le client. «Les demandeurs de financements qui se focalisent sur le tarif ont généralement déjà bien négocié leurs conditions avec leur banque et le recours à un courtier ne peut pas leur apporter grand-chose», explique le DG de Meilleurtaux. Une cible plus prometteuse pour le courtage regroupe les demandeurs de financements qui ne disposent pas de temps pour accomplir toutes les démarches dans le cadre de leurs demandes. «Dans ces cas nous prenons tout en charge et nous ne sollicitons le client que pour les signatures», assure M. Lahlou.

La maison mère rachetée par Goldman Sachs

Une autre niche réceptive au courtage consiste en les demandeurs difficilement finançables par les banques. «Un demandeur de crédit immobilier dont le taux d’endettement est déjà important n’est pas pris spontanément en charge par le secteur bancaire. Nous intervenons donc en sa faveur pour mettre sa demande aux normes en négociant de nouvelles conditions pour ses prêts existants, en les consolidant…», détaille le DG. A cela s’ajoute une cible jugée très prometteuse, à savoir les acquéreurs souhaitant se faire accompagner sur toute la chaîne pour la recherche du bien, la mise en relation avec les promoteurs, la négociation de taux et le montage du dossier (nursing). Cette offre attire surtout les primo accédants et les MRE drainés essentiellement grâce au site internet du courtier. C’est sur cette plateforme que l’entreprise mise le plus pour recruter généralement de la clientèle, ce même outil ayant par ailleurs motivé la banque d’affaires américaine Goldman Sachs à négocier le rachat de la maison mère de Meilleurtaux Maroc. A côté de ce canal, le courtier compte étendre progressivement son réseau qui ne compte actuellement qu’une seule agence à Casablanca, où l’entreprise génère 80% de son chiffre. Meilleurtaux a dans son viseur Rabat où il devrait s’implanter cette année.