Coupures d’eau dans les régions : la tutelle pointe le déficit pluviométrique

37 centres parmi 681 villes et centres dont Zagora, Azilal, Chefchaouen et Ouazzane ont connu ces derniers mois des perturbations en matière d’alimentation en eau potable. En cause, le déficit pluviométrique et hydrologique observé durant ces dernières années. La tutelle mène des actions à court, moyen et long terme pour endiguer ce phénomène.

Dans certaines provinces, l’alimentation en eau potable est encore loin d’être garantie. Pour preuve, les habitants de 37 villes et localités -parmi les quelque 681 gérées par l’ONEE- ont dû prendre leur mal en patience ces derniers mois face aux perturbations au niveau du réseau de distribution de l’eau potable. S’agit-il d’une pénurie, comme l’ont souligné divers acteurs associatifs et élus dans les provinces en question ? La réponse est non, tranche une source autorisée au sein du Secrétariat d’État chargé de l’eau (SEE).

«Nous ne pouvons pas parler d’une pénurie d’eau, mais plutôt de perturbations qui restent très limitées dans le temps et dans l’espace. La cause principale de cette problématique est le déficit pluviométrique et hydrologique enregistré pendant les dernières années. En effet, le cumul des précipitations enregistré pour la période allant du 1er septembre 2016 au 24 août 2017 a été déficitaire par rapport à une année normale sur la plupart des bassins hydrauliques à l’échelle nationale. On note également une diminution de la productivité des ouvrages de captage ainsi que la chute des débits de sources», explique notre interlocuteur.

A la question de savoir quelles sont les zones géographiques les plus touchées, le SEE soutient que les 37 centres concernés par les coupures d’eau se situent aussi bien dans le milieu rural qu’urbain, au niveau des zones montagneuses ou dépourvues de ressources souterraines locales comme à Azilal, Chefchaouen ou Ouazzane, ainsi que dans des zones où la sécheresse est structurelle comme à Zagora.

Bien que la distribution de l’eau potable dans ces régions relève de l’ONEE – branche Eau, le SEE assure qu’en amont les différents actions et plans permettront à terme d’endiguer ce phénomène. «Notre rôle se situe bien en amont et consiste principalement en la mobilisation de la ressource brute, que ce soit à travers la construction des barrages pour le stockage des ressources superficielles ou le dégagement des ressources souterraines. Mais nous travaillons en étroite collaboration avec nos partenaires, en l’occurrence l’ONEE et le ministère de l’intérieur, pour améliorer le taux d’accès à l’eau potable dans les zones déficitaires. Pour faire face à cette problématique notre département mène des actions qui s’inscrivent dans le court terme, ciblant prioritairement les zones vulnérables par la prospection des ressources en eaux souterraines à travers des programmes de sondages de reconnaissance. L’ONEE entreprend également un ensemble d’actions à court et moyen terme, pour mettre fin à ce déficit, touchant les centres concernés, soit à travers le branchement de ces centres à des barrages existants ou la réalisation des systèmes locaux (points d’eau locaux)», explique notre source au sein du cabinet de Charafate Afilal.

Les besoins en eau potable des villes s’élèvent à 2,4 milliards de m3 par an

Sur le long terme, le SEE rappelle que via le plan national de l’eau (PNE), de nombreux projets sont en cours de concrétisation ou en phase d’étude dans le cadre des trois axes que sont la gestion de la demande et de la valorisation de l’eau, la gestion et le développement de l’offre ainsi que la préservation des ressources en eau du milieu naturel et l’adaptation aux changements climatiques. «Dans le deuxième axe, nous pouvons citer la mobilisation des eaux de surface par les grands barrages, dont 14 barrages en cours de réalisation et 36 programmés, ainsi que la valorisation des eaux de surface au niveau local par les petits barrages, le transfert d’eau du Nord vers le Sud ou le dessalement de l’eau de mer qui devient de plus en plus une solution incontournable pour notre pays», illustre notre source. Et de conclure : «Notre département mène actuellement une étude sur la sécurisation des ressources en eau destinées à l’approvisionnement en eau potable des principales villes du Royaume qui proposera des actions concrètes en matière de renforcement des systèmes d’approvisionnement existants, de diversification des sources d’approvisionnement en eau et leur interconnexion. La mise en œuvre de ces actions permettra au Maroc d’assurer l’approvisionnement en eau dans les différentes conditions climatiques, surtout en période de sécheresse et renforcer ainsi la résilience de nos villes et centres face aux effets des changements climatiques».

Notons que les besoins en ressources hydriques pour l’alimentation en eau potable des villes et centres du Royaume sont évalués, à ce jour par le SEE, à près de 2,4 milliards de m3 par an. De son côté, l’infrastructure hydraulique du Maroc est constituée de 140 barrages totalisant une capacité de stockage évaluée à plus de 17,6 milliards de m3 ainsi que des milliers de forages, permettant d’atteindre 100% en milieu urbain et 96% en milieu rural.