Contrat programme logistique : la construction des premières infrastructures entamée

La première tranche de la zone logistique de Zénata est déjà  opérationnelle et les appels d’offres pour la construction de la seconde bientôt lancés. Les contrats programmes sectoriels et régionaux seront bouclés avant fin 2013. Une Task Force a été mise en place pour exécuter le plan d’action à  court terme.

Après quelques hésitations et petits accrocs entre les partenaires privés et publics sur la mise en œuvre de la stratégie logistique nationale suite à la signature, en avril 2010, du contrat programme logistique par l’Etat et la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), la construction des premières infrastructures et la mise en place des structures de gestion apparaissent aujourd’hui sur la bonne voie.

Au niveau des infrastructures, il s’agit pour l’heure uniquement de la zone logistique de Zenata de 323 hectares qui est en train de prendre forme, notamment au niveau de la tranche de 30 hectares dédiée à la Société nationale de transport et de logistique (SNTL). Selon le directeur de la stratégie, des programmes et de la coordination des transports, Younes Tazi, la zone de 30 hectares est entièrement aménagée et la moitié (près de 15 hectares) est construite et les entrepôts sont utilisés par la SNTL pour ses besoins propres.

La deuxième tranche est en cours de construction par la société Bymaro, filiale du groupe Bouygues, sur 7 hectares et devrait comporter 10 entrepôts dont 7 sont réservés aux opérateurs privés. Pour ce faire, un appel d’offres sera lancé dans les jours qui viennent pour sélectionner les opérateurs logistiques intéressés, ce qui devrait calmer les opérateurs du secteur privé qui reprochaient au ministère de l’équipement et du transport de favoriser les opérateurs publics (SNTL, ANP, ONCF, etc.). Du reste, même dans les futures zones de l’ANP et de l’ONCF, une partie sera réservée aux opérateurs privés.

S’agissant de la partie dédiée à l’Agence nationale des ports, soit 200 hectares, et de celle de l’Office national des chemins de fer (ONCF) de 80 hectares, les projets sont au stade des études d’aménagement et de l’acquisition des terrains, le processus d’expropriation étant dans sa phase finale. Les travaux d’aménagement et de construction des entrepôts sur les deux zones devraient débuter dès 2013, précise M. Tazi, ce qui devrait permettre d’achever toute la première tranche comme prévu en 2015.

Sur le plan institutionnel, l’Agence nationale de développement des activités logistiques est enfin au bout du circuit législatif presque deux ans après l’adoption de la loi organique. En effet, cette dernière a été adoptée en mars 2010 et publiée au Bulletin officiel en juillet 2011. Son décret d’application est sorti en mai dernier. Le décret précise, entre autres, les attributions, la tutelle de l’agence et le siège social qui sera à Rabat pour des raisons de commodités administratives, mais rien ne s’oppose à ce que ce siège soit transféré plus tard dans un autre lieu sur décision du futur conseil d’administration de l’agence.

En attendant que l’agence devienne opérationnelle, et pour que la stratégie avance, une Task Force composée de 14 cadres a été formée au niveau du ministère du transport pour exécuter le plan d’action à court terme dont l’élaboration de certains contrats sectoriels. Elle est accompagnée dans sa tâche par un groupement composé des cabinets Capital Consulting et Roland Berger. En effet, l’objectif fixé par la tutelle est que tous les contrats programmes sectoriels et régionaux soient bouclés avant fin  2013.

Pour l’heure, deux contrats sectoriels, Formation et Import Export, sont déjà finalisés et devraient être les premiers à être signés dès la mise en route de l’agence. Pour les contrats régionaux, la priorité va être donnée dans un premier temps à quatre pôles, en l’occurrence Tanger-Tétouan, Rabat-Kénitra, Fès-Meknès et Souss Massa.

Il s’agit, explique Younes Tazi, d’aller où existent les flux de marchandises, aujourd’hui distribués de manière traditionnelle et créer des zones logistiques comme prévu par le contrat programme national. Cette démarche s’appuiera sur des appels à concurrence, et devrait permettre l’émergence d’aménageurs développeurs nationaux pour construire ces zones.

C’est là une occasion qui s’offre aux entreprises nationales de travaux publics pour diversifier leurs activités et muter vers d’autres métiers d’avenir, souligne-t-il. Cette mutation est d’autant importante pour ces entreprises que les grands chantiers d’infrastructures devront être achevés à moyen terme.

Enfin, la création de l’Observatoire de la compétitivité logistique est aussi sur la bonne voie. Avec l’aide du cabinet de consulting, la réflexion est avancée pour déterminer le statut de cet observatoire, l’identification d’une  batterie d’indicateurs et la réalisation d’un benchmarking pour adopter ce qui se fait de mieux en termes de pratiques concurrentielles.