Consortiums d’exportation : l’aide financière de l’Etat a fait défaut

Le mode d’organisation et de financement sera revu dans le cadre du Plan national de développement des échanges commerciaux. Les exportateurs agitent l’idée d’un alignement sur le schéma des contrats de croissance.

Le ministère du commerce extérieur, dans le cadre de son Plan national de développement des échanges commerciaux (PNDEC), prévoit une remise à plat des consortiums d’exportation. Ce sera la deuxième fois depuis leur lancement en 2003. En 2011, les pouvoirs publics, dans le cadre de la stratégie Maroc Export, avaient en effet revu les mécanismes de création et d’accompagnement de ces outils de soutien aux exportations dans les secteurs de l’agroalimentaire, l’industrie pharmaceutique, l’aéronautique, l’électrique et l’électronique et le textile et cuir. Pourquoi aujourd’hui faut-il encore revoir le concept ?

En dépit des dysfonctionnements, l’appartenance à un consortium est jugée bénéfique

Pour les entreprises exportatrices concernées, «le système a besoin de quelques correctifs pour plus d’efficacité et afin de donner les mêmes outils à toutes les entreprises intéressées». Certains n’hésitent pas à parler de «défaillance des consortiums depuis les quatre dernières années en raison des réaménagements apportés en 2011». En effet, chacun des consortiums créés jusqu’à cette date bénéficiait d’un financement de 700 000 DH par an pour ses actions de promotion. En 2008-2009, en raison de la crise, l’Etat avait promis d’augmenter cette dotation de 100 000 DH par entreprise et par action de promotion pour soutenir la prospection des marchés étrangers. Cependant, cette mesure n’a profité qu’aux consortiums créés après 2011. Il était alors prévu de créer 55 nouveaux groupements d’exportation à l’horizon 2015.

En plus de la contribution exceptionnelle, la dotation de l’Etat est portée à 1,5 MDH pour les nouveaux consortiums. D’où une inégalité de traitement entre ces derniers et les premiers consortiums, qui n’a pas échappé aux opérateurs dont certains n’étaient plus motivés autant qu’au départ. Plus frustrant, ces groupements, créés entre 2003 et 2011, n’ont pu bénéficier que d’une partie de la dotation promise, ce qui a bloqué les actions promotionnelles prévues. Mais pour le moment, le traitement différencié qu’ils dénoncent ne figure que sur le papier parce que la deuxième fournée de consortiums n’a toujours pas reçu les fonds promis, trois ans après la signature de la convention.

En dehors de ces questions financières, les groupements n’ont pas de statut juridique. Un vide qui est de nature à créer des problèmes de fonctionnement.

Tout ceci expliquerait, selon certains membres, les résultats plutôt mitigés, selon l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX). D’après les statistiques disponibles, on compte actuellement 18 consortiums opérationnels regroupant 150 entreprises exportatrices. Ces consortiums opèrent notamment dans le textile et cuir, l’électricité, la mécatronique, le tourisme, les matériaux de construction, la communication et l’agroalimentaire. Ils sont implantés dans une dizaine de villes : Casablanca, Rabat, Fès, Essaouira, Taroudant, Agadir, Mohammédia, Tanger, Tiznit et Meknès.

La répartition sectorielle de ces groupements d’exportation montre que le secteur du textile arrive au premier rang, suivi respectivement du bâtiment et de l’agroalimentaire. Viennent après les secteurs du tourisme et l’électronique.
En dépit de tous les goulots d’étranglement, des sources proches du dossier soulignent que le regroupement au sein d’un consortium a été bénéfique pour les entreprises membres qui ont enregistré une amélioration de 10 à 15% de leur chiffre d’affaires et ont pu accéder à de nouveaux marchés, notamment les Etats-Unis, les pays du Moyen-Orient ou encore des pays de l’Afrique subsaharienne.

On ignore encore quels seront précisément les correctifs et les améliorations à apporter, mais le ministère chargé du commerce extérieur avance que les pouvoirs publics s’engagent «à mettre en place une structure organisationnelle des consortiums, définir une stratégie de développement et prendre en charge une quote-part des coûts de développement du consortium. Cette participation se fera à hauteur de 80% et sera plafonnée à un montant à convenir sur une durée de cinq ans». Pour l’Asmex, l’appui financier doit être fixé en fonction du secteur d’activité du consortium, de la taille des entreprises membres du groupement et de la région d’implantation. Les exportateurs estiment que l’idée d’un alignement sur le schéma des contrats de croissance peut être également étudiée. Ce qui porterait ainsi le soutien financier à 5 MDH et permettrait aux consortiums de mieux s’organiser et d’être plus dynamiques en vue d’améliorer leur compétitivité sur les marchés internationaux.